Santé

nj7254.jpgLes nanotechnologies révolutionnent de manière profonde de nombreux domaines. La santé est sans doute un de ceux qui vont bénéficier largement de l'apport des nanosciences. Alors que les traitements se font à l'heure actuelle de manière macroscopique, la nanomédecine ouvre la voie à des traitements ciblés et personnalisés. Ce domaine est très présent à Houston qui accueille, face à face, l'université où sont nées les nanotechnologies en 1985 et qui reste le leader mondial en science des matériaux, Rice University, et le plus grand centre médical du monde, le Texas Medical Center.

Le Methodist Hospital au coeur du Texas Medical Center

Le Texas Medical Center de Houston a été créé en 1945, suite à la mise en place de la fondation M.D. Anderson en 1937. Ce riche industriel texan avait en effet remarqué qu'à sa mort, une grande partie de sa fortune reviendrait à l'état et il était décidé à ce que cela n'arrive pas. Il avait en réaction mis en place une fondation pour financer des projets dans les sciences médicales qui reçu 19 millions de dollars à son décès en 1939.

Les fonds permirent d'acheter un terrain au sein de Houston dédié uniquement à la construction d'hôpitaux et de centre médicaux. Aujourd'hui, 49 institutions liées aux sciences médicales se sont implantées sur le site. Près de 100.000 personnes - dont plus de 20.000 cliniciens et chercheurs - y travaillent chaque jour et 6 millions de patients y sont soignés annuellement. Les hôpitaux disposent aussi de centres de recherche qui brassent plus de 6 milliards de dollars de dépenses en recherche médicale chaque année.

Parmi les institutions de recherche phares du Medical Center se trouvent le MD Anderson Cancer Center [1], le Brown Institute for Molecular Medicine [2] ou encore le Methodist Hospital Research Institute (TMHRI) [3,4]. Dirigé par le Prof Mauro Ferrari, ce dernier s'est installé dans des locaux flambants neufs il y a quelques mois. Plus de 40.000 m2 dédiés à la recherche médicale et à l'enseignement sur les techniques de pointe. Parmi les équipes constituées, un groupe de chercheurs travaille sur l'application des nanotechnologies à la détection et aux traitements des maladies, notamment du cancer.

Les travaux en nanomédecine au TMHRI

Les processus biologiques assurant la vie se produisent à l'échelle des molécules, c'est-à-dire à l'échelle nanométrique. Les nanoobjets présentent alors l'avantage, par leur taille, de pouvoir interagir directement avec les processus biologiques à l'intérieur des cellules vivantes. Pour assurer cette interaction, il faut choisir les matériaux en fonction de leur taille, de leur composition, de leur forme ou encore de leurs propriétés. Pour obtenir les outils adéquats, le travail des chercheurs est semblable à l'assemblage d'un jeu de légo : trouver un matériau qui va servir de moyen de transport et y accrocher divers molécules. Certaines qui permettent de cibler des cellules données, cancéreuses par exemple. D'autres qui, sous l'effet d'une excitation extérieure, vont devenir luminescentes pour fournir une image des tissus. D'autres encore qui serviront de médicament et viendront traiter la cellule en question ou alors qui viendront la détruire.

L'équipe Nanomédecine du Méthodist travaille sur un concept de structure à "plusieurs étapes" (multistage) [5]. Les chercheurs ont développé des nanoparticules de silicium poreux dont la taille est de l'ordre de quelques centaines de nanomètres. Ce matériau présente les avantages de pouvoir être produit facilement en grande quantité, d'être biodégradable via des processus différents en fonction de sa taille et de sa forme et d'être biocompatible. Ces nanoparticules en forme de coupelle, de disques, de sphères ou de bâtonnets servent de vecteur. Au sein de leurs pores peuvent être ajoutées d'autres nanoparticules plus petites comme des nanosphères d'or fonctionnalisées pour l'imagerie ou le traitement.

Les nanoparticules de silicium poreux s'intègrent dans les membranes des cellules. Les cellules ainsi chargées ne voient pas leur activité modifiée et peuvent ainsi continuer leur évolution et même endurer une mitose. Une fois intégrées, les nanoparticules qui ont été transportées au sein des particules de silicium poreux peuvent être libérées directement dans la cellule ciblée. La difficulté des traitements repose ainsi sur la possibilité de franchir les différentes barrières naturelles à toutes les échelles (organe, tissu, cellule) afin d'apporter au bon endroit l'élément qui va interagir avec le processus moléculaire défaillant. La technique multistage permet d'atteindre le niveau ultime : les réactions internes à la cellule. A la clé de ces processus, différents traitements sont possibles. Cibler les cellules cancéreuses pour provoquer leur autodestruction. Cibler des organes comme la rate pour provoquer une réaction vaccinale. Délivrer des antibiotiques ou des antalgiques de manières extrêmement précise afin de réduire les doses.

Les nanomatériaux peuvent aussi servir d'échafaudages pour améliorer la régénération des tissus, surtout des os dans le cas de fractures actuellement non réductibles et nécessitant l'amputation. Une autre voie de recherche concerne le développement de systèmes permettant de délivrer de manière contrôlée dans le temps des médicaments à travers des nanocanaux. Ces travaux pourraient permettre de créer des glandes artificielles et d'améliorer aussi les traitements dans le cadre de la chronothérapie.

Il reste encore à étudier la potentielle toxicité pour l'organisme de ces nanoparticules en fonction des dosages utilisés et de leur évolution dans le corps. Mais, même si ces travaux en sont encore au stade expérimental, ils témoignent du potentiel des nanotechnologies dans leur application aux sciences médicales.

Des possibilités de financement et de collaboration

Ce potentiel s'exprime par l'importance des financements aujourd'hui déployés notamment pour les recherches sur le traitement du cancer pour lequel les nanotechnologies présentent une réelle avancée. Au Texas, la recherche sur le cancer fait l'objet d'une attention particulière avec le développement du Cancer Prevention and Research Institute of Texas (CPRIT) [6]. Ce programme, approuvé par référendum en 2007, autorise l'état du Texas à financer la recherche de pointe sur le traitement du cancer à hauteur de 3 milliards de dollars sur 10 ans. L'équipe de nanomédecine du Methodist Hospital en a déjà bénéficié.

Par ailleurs, afin de développer ses activités de recherche par des collaborations, le Methodist Hospital a mis en place récemment la Methodist Academy, un programme permettant de financer la mobilité des étudiants et des chercheurs pour que ces derniers viennent effectuer des séjours au sein des équipes de recherche du TMHRI [7].

 

SOURCE: Vincent Reillon - Visite de l'équipe Nanomédecine du TMHRI, Houston - 29-30 août 2011

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ArnaudDemortiere-06.jpgUne équipe de chercheurs menée par Pr. Thomas Webster à Brown University, Providence (RI) [1,2] a mis au point un patch composé de nanotubes de carbone favorisant la régénération des cellules du coeur détruites après un infarctus, faute d'apport en oxygène. Lors d'expériences in vivo, le tissu cardiaque s'est montré six fois plus dense en présence du nanopatch conducteur qu'en son absence [3], ce qui confirme l'efficacité du patch. Fait de chaînes minuscules d'atomes de carbone repliées sur elles-mêmes pour former des nanofibres, il conduit l'électricité et imite la surface rugueuse des tissus naturels. Les chercheurs ont observé que plus la concentration de nanotubes était élevée, plus la régénération des cellules cardiaques était efficace.

Selon l'American Heart Association, un tiers des femmes et un cinquième des hommes qui ont subi un infarctus du myocarde en auront un autre dans un délai de six ans. En 2009, des chercheurs suédois, français et américains [4] ont constaté, grâce au dosage du carbone 14, qu'à l'âge de 50 ans, 55% des cellules cardiaques datent de la naissance et 45% ont été générées par la suite. Ces résultats témoignent du faible taux de régénération des cellules cardiaques, d'où l'intérêt de développer une méthode qui accélère leur multiplication après un infarctus.

Le nanopatch et la destruction des cellules du coeur lors d'un infarctus

Au cours d'un infarctus, une partie du myocarde est privée d'oxygène, ce qui entraîne la douleur puis la mort de cellules cardiaques musculaires et nerveuses privées d'oxygène et nécessaire au bon fonctionnement du coeur. Après l'infarctus, le tissu ne peut pas se régénérer de lui-même, le rythme cardiaque est donc perturbé et affaiblit, on parle alors d'insuffisance cardiaque. De nombreuses études sont en cours afin de trouver des moyens de régénérer ou de réparer ces tissus endommagés. Plusieurs méthodes se basent sur l'injection de cellules souches prélevées sur le patient dans le coeur endommagé pour qu'elles s'y multiplient et différencient.

T. Webster affirme que les recherches menées à Brown University sont porteuses d'espoir car le patch a la spécificité d'aider trois types de cellules à se régénérer : les cellules musculaires ou cardiomyocytes qui font battre le coeur, les cellules nerveuses qui les aident à se contracter et les cellules endothéliales qui tapissent les vaisseaux sanguins à proximité du coeur. Les conclusions ont montré que le patch de nanotubes de carbone est semblable au tissu cardiaque naturel, ce qui accélère la régénération de ces trois types de cellules qui fonctionnent de façon interdépendante.

Perspectives de recherche

L'équipe de T. Webster essaie maintenant d'améliorer les nanomatériaux du patch afin de créer un patch qui imiterait au plus près les tissus naturels. La conductivité du nanopatch est aussi étudiée, le but étant qu'il ait la même conductivité que le tissu cardiaque. La prochaine étape sera de faciliter l'application du patch, maille d'environ 22 mm de long et d'une épaisseur de 15micro-m [3], sur le système cardiaque en évitant l'opération chirurgicale.

Bien sûr, des tests chez les animaux précéderont l'application de ce patch aux patients victimes d'un infarctus. Contrairement à d'autres matériaux utilisés en génie tissulaire, le patch de nanotubes de carbone aurait l'avantage de ne pas se dégrader dans le corps.

 

SOURCES:

 

 

Source :

- [1] D. A. Stout, B.Basu, T. J. Webster, "Poly(lactic-co-glycolic acid): Carbon nanofiber composites for myocardial tissue engineering applications", Acta Biomaterialia, Disponible en ligne Mai 2011
- [2] Lien pour l'article "A Nanotube Patch to Help Heal the Heart" sur le site du MIT - http://www.technologyreview.com/biomedicine/37610/?p1=MstRcnt
- [3] Lien pour l'article "Researchers create nanopatch for the heart" sur le site de Brown University - http://news.brown.edu/pressreleases/2011/05/nanopatch
- [4] O.Bergmann, R. D. Bhardwaj, S. Bernard, S. Zdunek, F. Barnabé-Heider, S.Walsh, J.Zupicich, K. Alkass, B. A. Buchholz, H. Druid, S. Jovinge and Jonas Frisén. "Evidence for Cardiomyocyte Renewal in Humans", Science, 2009; 324 (5923).

Rédacteur :

Johanna Ferrand, deputy-sdv.at@ambascience-usa.org

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ArnaudDemortiere-01.jpg Des chercheurs issus de l'Institute of Bioengineering and Nanotechnology (IBN), un institut singapourien du BMRC de l'Agence singapourienne pour la Science, la Technologie et la Recherche (A*STAR) et de IBM Research - Almaden, situé près de San José en Californie (USA), ont développé des nanoparticules à base de polymères biodégradables, afin de combattre des super bactéries résistantes aux antibiotiques conventionnels, telle que la "Methicillin-Resistant Staphylococcus aureus" (MRSA). Ces bactéries sont très présentes sur la peau et peuvent être contractées dans de nombreux lieux publics tels que les écoles ou les hôpitaux.

Ces polymères synthétiques, qui transportent donc des charges de médicaments, possèdent des propriétés antimicrobiennes très intéressantes et un mode d'interaction aux cellules infectées particulier dont voici le mécanisme :

1) Dans l'organisme, ils s'auto-assemblent d'abord en nanoparticules quand ils se dissolvent dans l'eau. Avant d'interagir avec la membrane bactérienne, contrairement à d'autres polymères, ces nanoparticules créent donc de nouvelles structures qui sont attirées vers la membrane des cellules infectées par le biais d'interactions électrostatiques. La structure cible ainsi sélectivement.

2) Avec précision, les antibiotiques peuvent ainsi pénétrer dans la cellule et la détruire de l'intérieur après avoir été déposés par les nanoparticules.

3) Les nanoparticules, étant biodégradables, sont ensuite éliminées naturellement par le corps.

A noter que ces nanoparticules ont la capacité d'éliminer des bactéries sans provoquer d'hémolyse, c'est-à-dire sans détruire de globules rouges sains, et, étant biodégradables, elles ont un grand potentiel pour traiter des maladies infectieuses in-vivo. Comme seule une faible concentration est requise, leur toxicité pour l'organisme humain est limitée.

Cette découverte de première importance a été conçue en 2007 et les polymères antimicrobiens ont été testés sur des échantillons cliniques microbiens par le State Key Laboratory for Diagnosis and Treatment of Infectious Diseases, First Affiliated Hospital, College of Medicine lié à l'université de Zhejiang en Chine.

Bulletins Electroniques

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Selon un rapport de l'Afssa, les nanotechnologies sont déjà utilisées mais sans réelle information.

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organic-nanoparticle.jpgUne équipe de l'Hôpital Princesse Margaret [1] a créé une nanoparticule organique non-toxique, biodégradable et qualifiée d' " ingénieuse " si l'on considère la façon dont elle utilise la lumière et la chaleur pour traiter le cancer et administrer des médicaments. D'après les auteurs de l'étude, cette découverte est importante car la nouvelle nanoparticule a une structure unique et polyvalente qui pourrait changer la façon de traiter les tumeurs.

Cette nouvelle nanoparticule a été synthétisée en laboratoire à l'aide de deux molécules d'origine naturelle (de la chlorophylle et un lipide). Cette nanoparticule se révèle très prometteuse pour différentes applications se basant sur la lumière (biophotonique). La structure des nanoparticules - similaire à un ballon d'eau miniature coloré - permet également d'envisager d'y encapsuler des éléments actifs pour cibler le traitement sur la tumeur.

La capacité de ces nanoparticules à absorber une forte quantité de lumière et à s'accumuler dans les tumeurs, fait de ces nanoparticules des candidates idéales dans le traitement thérapeutique du cancer. On se trouve ici dans le cadre de la thérapie photo-thermique dont le principe est d'utiliser la lumière la chaleur pour détruire les tumeurs. Ainsi, une fois les nanoparticules accumulées dans la tumeur, un laser peut être utilisé afin de chauffer rapidement les nanoparticules et donc détruire la tumeur après qu'elle ait atteint une température de 60°C. De plus, une fois que les nanoparticules atteignent leur cible tumorale, elles deviennent fluorescentes, et peuvent donc également être utilisées pour effectuer une imagerie photoacoustique - technique alliant son et lumière pour produire une image de très haute résolution - et ainsi détecter des tumeurs.

L'importante versatilité de ces nanoparticules élargit les possibilités de traitement par combinaison d'imagerie et traitement proprement dit. La non-toxicité dans le corps de ces nanoparticules est sans précédent.

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[1] l'Hôpital Princesse Margaret fait partie du " University Health Network " (UHN), un réseau de trois grands hôpitaux de la région de Toronto. L'UHN est affiliée à la faculté de médecine de l'Université de Toronto.

 

SOURCE:

-Dr Gang Zheng - University Health Network, Ontario Cancer Institute (OCI) Primary LAB, MaRS Centre & University of Toronto, Ontario, Canada - tél. : (001) 416-581-7666 - email : gang.zheng@uhnres.utoronto.ca

-Cette étude a été publiée en ligne le 20 mars dans le journal scientifique Nature Materials: http://www.nature.com/nmat/journal/vaop/ncurrent/full/nmat2986.html

-Christian Turquat.


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http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTPoZ9L-pOZWXYtmqeP9iabPzWPTyN9mvsg8vzL2H0Rw6Rv17DLLwJusqu'où informer les citoyens sur les nanotechnologies ? Que faut-il que chacun sache pour pouvoir faire des choix éclairés ? Comment assurer une bonne prise en compte des problématiques par le public ? Le récent débat public sur les nanotechnologies a illustré en France la difficulté d'apporter une réponse appropriée à ces questions. Aux Etats-Unis, la réaction de l'opinion publique sur les nanotechnologies est aussi scrutée à la loupe.

Le pays n'a pas connu de crise alimentaire majeure comme ce fut le cas en Europe dans les années 90 avec la crise de la "vache folle" ou celle de la dioxine. Les organismes génétiquement modifiés n'ont pas non plus suscité aux Etats-Unis l'émoi que l'on connaît sur le vieux continent. La situation européenne inquiète outre-Atlantique. Etant donné les enjeux économiques, une forte attention est portée sur le déroulement pacifiste de la révolution nano. Dans ce but, la National Science Foundation a financé la création de deux Center for Nanotechnology in Society (CNS) [1] [2]. Ces centres ont pour but de mener des études sur le degré et le niveau d'information du public sur les nanotechnologies. Les chercheurs étudient aussi l'opinion des citoyens sur le développement des nouveaux produits ou encore l'appréhension des risques posés par les nanomatériaux.

Il ne faut pas craindre de parler des risques

Une étude financée par le CNS de l'Arizona State University publiée le 4 mai 2010 avait pour but d'évaluer la perception du public concernant les applications médicales des nanotechnologies. L'étude a montré que le soutien des personnes ayant déjà entendu parler des nanotechnologies est plus facile à obtenir lorsqu'on leur présente à la fois les risques et les bénéfices des dispositifs. Cependant, chez les individus ne connaissant rien aux nanotechnologies, l'effet inverse a été observé.

Deux catégories d'applications médicales étaient évoquées dans l'étude : les nouvelles thérapeutiques et l'augmentation artificielle des capacités physiques. Le panel était découpé en six groupes. Le premier groupe ne recevait qu'une image fantaisiste d'un dispositif médical de taille nanométrique. Les groupes 2 et 3 recevaient la même image accompagnée d'un texte présentant les nanotechnologies comme étant capables, respectivement, de soigner complètement un individu ou de rendre les être humains plus forts, plus rapide et plus intelligents. Les groupes 4 et 5 recevaient, en plus de ce qui avait été fournis aux groupes 2 et 3, un texte présentant les risques pour la santé des nanomatériaux. Le dernier groupe, groupe témoin, ne recevait rien. Il est apparu de manière claire que le soutien aux applications thérapeutiques est plus élevé que pour celles concernant l'amélioration des capacités physiques.

L'utilisation de l'image fantaisiste avait pour but de stimuler l'imagination des sondés. Elle montre des nano-objets fixés sur des globules rouges dans un vaisseau sanguin, évoquant alors le mythe de la grey goo, soupe de nano-robots autoréplicateurs, qui avait fortement contribué à alerter l'opinion publique sur les dangers potentiels des nanomatériaux dans les années 90. Elle n'a pas eu d'impact important sur les réponses aux questions même si elle a contribué à inquiéter les personnes qui ne connaissaient rien aux nanotechnologies.

Cette étude montre que les personnes informées sur les nanotechnologies sont plus à même de comprendre les implications et d'effectuer la balance entre risques et bénéfices. L'attention devrait donc se porter sur une bonne information de l'ensemble des citoyens sur les nanotechnologies. Or, une autre étude est venue montrer que le fossé se creuse entre les citoyens à ce sujet.

L'inégalité face à l'information

D'après une étude publiée sur le site thescientist.com [3], les personnes ayant suivi des études supérieures ont vu leurs connaissances des nanotechnologies légèrement augmenter entre 2004 et 2007. Dans le même temps, sur le même sujet, le niveau de connaissance des personnes n'ayant pas le niveau baccalauréat a fortement baissé.

L'accroissement de l'écart de connaissances entre les personnes ayant des niveaux d'éducation différents remet en cause les stratégies de transmission des connaissances. Les musées des sciences, par exemple, ne permettent pas de toucher les personnes les moins éduquées qui ne les fréquentent pas beaucoup. L'utilisation des médias de masse et les nouvelles technologies semble être une possibilité pour redresser la situation. L'étude suggère en effet qu'une forte corrélation existe entre le temps passé sur internet et le niveau de connaissance sur les nanotechnologies. En 2006, plus des deux tiers des adultes américains déclaraient par ailleurs se tourner vers internet pour chercher des informations sur les sujets scientifiques. Cependant, la neutralité des recherches via le moteur de Google, le plus utilisé, n'est pas assurée.

Les biais provoqués par l'utilisation massive de Google

Des chercheurs de l'université du Wisconsin se sont intéressés aux mots clés entrés par les internautes lors de leurs recherches sur les nanotechnologies via Google. Ils ont publié leurs résultats dans la revue Materials Today [4]. Leur étude indique que les résultats du moteur de recherche orientent les internautes vers des sites portant sur les applications médicales des nanotechnologies.

En octobre 2008, trois des dix termes accolés à nanotechnology les plus entrés étaient en relation avec l'économie (stocks, jobs, et companies) alors qu'un seul était en rapport avec le monde médical (medicine). En aout 2009, il ne restait plus qu'un terme relié à l'économie (companies) et le terme medicine avait été rejoint par le terme cancer. L'important est de noter que tous ces termes sont des termes suggérés par le moteur de recherche lui-même lorsque le terme nanotechnology est saisi. Un premier biais était alors mis en évidence, lié au mécanisme de suggestion du moteur de recherche.

A ce premier résultat s'ajoute le fait que les résultats fournis par le moteur de recherche sont aussi biaisés. L'orientation vers des sites liés aux applications médicales des nanotechnologies est disproportionnée, et ce même lorsque les mots clés entrés n'évoquent pas la médecine. Or, le système de suggestion et l'affichage des résultats sont basés sur des processus itératifs. Plus les termes sont entrés, plus ils sont suggérés. Plus les sites sont consultés, plus ils apparaissent dans les premiers mentionnés. Un cercle vicieux se met en place renforçant les biais observés.

Les moyens d'accès via internet à l'information sur les nanotechnologies sont dépendants de la configuration des outils de recherche. Les découpages thématiques nécessaires pour assurer l'efficacité des recherches peuvent ainsi contribuer à influencer l'opinion publique autour d'une problématique en orientant son accès aux informations. Etant donné l'usage croissant d'internet dans la recherche d'informations sur la science, la perception que le public obtient sur les nanotechnologies est alors orientée.

En trame de fond de ces études, l'inquiétude est la même. Comment faire plus, et comment faire mieux, pour assurer la transmission des informations aux citoyens sur les nanotechnologies afin de permettre un réel débat démocratique autour des orientations à prendre ?

 

Sources:

- Survey: Hiding risks can hurt public support for nanotechnology, M. Shipman, News Services of the North Carolina State University, 04/05/2010 - http://news.ncsu.edu/releases/wmscobbnanorisks/
- Reprot: Nanotechnology information gap widening, C. Schubert, ASU News, 12/01/2010 - http://asunews.asu.edu/20100111_nanotechreport
- What people think when they think about nano... and what role Google may play in all of this, D. Scheufele, Blog Nanopublic, 07/05/2010 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/bQazh

Rédacteur :

Vincent Reillon, deputy-phys.mst@consulfrance-houston.org

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beuz.jpgLa mise en place de réglements afin d'assurer une gestion efficace des risques posés par les nanomatériaux et assurer leur développement responsable est au coeur des efforts de nombreux pays. Aux Etats-Unis, l'Environment Protection Agency (EPA) est responsable de l'application de la réglementation sur les composés chimiques par le Toxic Substance Control Act (TSCA) et sur les pesticides par le Federal Insecticide, Fungicide, and Rodenticide Act (FIFRA).

Le Government Accountability Office (GAO) vient de publier un rapport concernant les réglements de l'EPA sur les nanomatériaux, qui met en avant les difficultés actuelles sur ces questions [1]. L'American National Standards Institute (ANSI) a, lui, proposé aux acteurs américains de débattre d'une norme ISO en préparation concernant l'étiquetage des produits contenant des nanomatériaux.

Le GAO pointe la faiblesse des réglementations actuelles et de l'action de l'EPA

Dans son rapport, le GAO soulève les mêmes obstacles à une régulation efficace que ceux exposés dans un récent rapport publié par la Mission pour la Science et la Technologie aux Etats-Unis sur les questions d'environnement, santé et sécurité posés par les nanomatériaux [2]. Ces obstacles comprennent notamment l'absence d'une métrologie commune pour caractériser les nanomatériaux ou pour comparer les études de toxicité et la faiblesse de la réglementation qui n'est pas adaptée pour prendre en compte les nanomatériaux.

Le GAO remet en cause le principe d'identité moléculaire ("identique en substance") sur lequel est bâtie, dans le TSCA, la distinction entre matériau existant et nouveau matériau nécessitant une estimation des risques. Il invite l'EPA à considérer tous les nanomatériaux comme des nouveaux matériaux, même si ces derniers sont déjà approuvés dans leur usage macroscopique. Le GAO soutient ainsi les évolutions du TSCA proposées récemment [3].

Le GAO demande à l'EPA de créer de nouvelles réglementations pour tenir compte des propriétés particulières des nanomatériaux. Il appelle ainsi à modifier le FIFRA afin d'obliger les fabricants à indiquer la présence de nanomatériaux dans leurs produits, et ce même pour les produits déjà enregistrés. Enfin le GAO note que l'EPA devrait utiliser plus largement la réglementation actuelle afin de collecter des données sur la production des nanomatériaux.

L'ANSI met en débat une norme à venir sur l'étiquetage des produits contenant des nanomatériaux

L'American National Standards Institute (ANSI) est l'institution représentant les Etats-Unis dans le Comité Technique pour les nanotechnologies de l'International Organization for Standardization (ISO), le TC 229. Elle fait le lien entre les travaux menés par le comité et les acteurs américains concernés. A ce titre, elle a proposé une réunion publique sur internet afin d'obtenir notamment l'avis des industriels sur le document en préparation.

La rédaction de cette Technical Specification, l'ISO/DTS 13830 [4], est conduite par le Comité Européen de Normalisation (CEN) [5]. L'ANSI cherche donc à obtenir l'avis des acteurs américains afin de défendre au mieux leurs intérêts. Cette nouvelle norme risquerait en effet d'avoir des répercussions importantes pour les industriels dans le domaine des cosmétiques, de l'alimentation et de l'industrie chimique.

L'enjeu du coté américain sur ces questions de sureté et de maitrise des risques est généralement abordé sous l'angle des répercussions économiques. L'action de l'ANSI en est un nouveau témoignage. Au même moment, en Europe, c'est la question de la sécurité des personnes qui incite les parlementaires à prendre des mesures concernant les nanomatériaux [6]. L'exemple des mesures prises pour réglementer les nanomatériaux illustre ainsi comment différentes politiques analysent les questions posées par les travaux de recherche et les innovations et y apportent des réponses.

 

Source:

- EPA's oversight of nanomaterials questioned,
RSC News, R. Trager, 30/06/2010 - http://www.rsc.org/chemistryworld/News/2010/June/30061001.asp
- ANSI News, 29/06/2010 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/LR6P0

Rédacteur :

Vincent Reillon, deputy-phys.mst@consulfrance-houston.org

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Chaque jour de nouvelles applications des nanotechnologies sont découvertes dans des domaines aussi variés que l’Electronique, la Santé, l’Energie, les nouveaux matériaux, la Cosmétologie,… Les économistes parlent de l’émergence d’une nouvelle industrie pour le 21e siècle pouvant rivaliser avec celles de l’automobile ou de la microélectronique. Néanmoins, cette nouvelle industrie ne pourra se développer qu’à deux conditions.

 

Premièrement, ses procédés, produits et déchets doivent être sûrs sur tout le cycle de vie : fabrication, usages et fin de vie. Deuxièmement, et ce n’est pas la condition la plus facile à remplir, les nanotechnologies doivent être comprises et adoptées par le grand public.

 

Un important travail est en cours de développement pour réduire aussi bas que possible le risque induit par la fabrication et l’usage des nanomatériaux. Cela suppose non seulement l’évaluation des dangers potentiels relatifs aux nanoparticules mais aussi la maitrise des expositions.

 

En parallèle de ce travail scientifique et technique, des actions accompagnant la formation, l’éducation et le dialogue avec le public sont requises.

 

Initié dans le cadre du projet européen NanoSafe2, Nanosmile est actuellement supporté par le FP7 European iNTeg-Risk. Cinq modules thématiques PRECAUTIONS, METROLOGIE, SANTE, ENVIRONNEMENT et GUIDE DE PREVENTION.

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  Cellules-souches.jpg Le Massachusetts Institute of Technology (MIT), en collaboration avec des chercheurs de l'Université de Hong-Kong, a mis au point un biomatériau permettant de contrôler la croissance, la différentiation et la prolifération de cellules, après leur implantation au niveau neuronal. Ces résultats, obtenus chez le rat, pourraient permettre le développement d'outils susceptibles d'améliorer la greffe des cellules souches et donc d'accélérer la régénération des organes. L'étude est publiée dans la revue "Cell Transplantation".

L'équipe dirigée par le Dr Ellis-Behnke, au "Brain and Cognitive Sciences Department" du MIT et les chercheurs de l'Université de Hong Kong ont créé un réseau de nanofibres de nature peptidique, capables de s'auto-assembler : le SAPNS. Ce "nano-échafaudage" permet de fournir à des cellules d'origine neurale un substrat d'adhésion pour guider leur prolifération, leur migration et leur différentiation. Après implantation dans un organisme, le SAPNS influe sur la survie des cellules transplantées en les protégeant contre le système immunitaire, ce qui pourrait éviter les phénomènes de rejet de greffes.

Les chercheurs ont cultivé respectivement des cellules PC12 [1], des cellules de Schwann (cellules gliales qui maintiennent les fibres nerveuses périphériques en vie) et des cellules précurseurs neurales (NPC) en présence de ce nouveau nanomatériau. En manipulant la densité de cellules et la concentration en SAPNS, les scientifiques ont réussi à contrôler le nanoenvironnement entourant les cellules et ainsi leur prolifération, élongation, différenciation et maturation in vitro. L'expérience a été étendue sur des modèles animaux avec des implants cellulaires dans le cerveau et la moelle épinière. Les chercheurs ont observé le même contrôle de la croissance des cellules implantées.

Le nanoéchaffaudage SAPNS offre aux cellules implantées une niche, qui minimise la réponse immunitaire, et améliore leur taux de survie. Une telle combinaison de SAPNS - jeunes cellules ou cellules souches implantées dans le système nerveux central, pourrait éviter à terme l'utilisation d'immuno-suppresseurs.

Ainsi, les progrès de la nanotechnologie en médecine régénérative offrent une ère nouvelle pour la reconstruction des tissus et des organes.

[1] Les cellules PC12 sont une lignée cellulaire dérivée d'un phéochromocytome de médullosurrénale de rat. Les cellules PC12 stoppent leur division et subissent une différentiation neuronale en présence de "Nerve Growth Factor" (NGF), faisant de cette lignée un modèle utile pour la différentiation des cellules nerveuses.

 

Source:

- "A 'fountain of youth' for stem cells ?" - Eurelalert - Rutlege Ellis-Behnke - 28/12/2009 - http://www.eurekalert.org/pub_releases/2009-12/ctco-ao122809.php
- "Forever young: how to control the elongation, differentiation, and proliferation of cells using nanotechnology" - Ellis-Behnke et al. - Cell Transplantation - 2009 - Volume 18, Numéro 9, pages 1047 à 1058 -http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20040141

- Alexandre Touvat, deputy-sdv.mst@ambafrance-us.org

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Qu'on le sache ou non, on retrouve les nanoparticules de dioxyde de titane (TiO2) dans la plupart des produits cosmétiques, dans les crèmes solaires, dans les colorants alimentaires et dans les compléments nutritionnels. Bien que le TiO2 à l'état macroscopique et microscopique soit chimiquement inerte, il a déjà été montré qu'à l'échelle nanoscopique le TiO2 a un impact sur la santé : il existe une cancérogénèse pulmonaire chez le rat, (non transposable à l'homme selon de nombreux auteurs). Cependant, les mécanismes de génotoxicité (c'est-à-dire qui peut compromettre l'intégrité du génome) n'ont pas été définis clairement et jusqu'à maintenant ont été très peu étudiés dans des conditions in vivo. Une étude conduite par des chercheurs de Univesity of California à Los Angeles (UCLA), au Jonsonn Comprehensive Cancer Center, est la première à montrer un tel effet génotoxique des nanoparticules de TiO2 sur des souris vivantes, d'après Robert Schiestl, professeur de pathologie, radiation et oncologie à UCLA, et auteur principal de l'étude.


L'étude porte sur des souris à qui les chercheurs ont donné à boire de l'eau contenant des nanoparticules de TiO2. Une fois que les nanoparticules de TiO2 sont entrées dans le système, elles s'accumulent dans différents organes et le corps n'a aucun moyen de les éliminer en totalité. Et parce qu'elles sont très petites (de 20nm à 200nm), elles peuvent pénétrer les cellules, et peuvent interférer avec les mécanismes intracellulaires causant le stress oxydant et les inflammations pulmonaires qui avaient déjà été mis en évidence chez le rat. Plus les particules sont petites, plus la surface générée par l'agglomération des particules est importante (de manière exponentielle), plus le stress oxydant et les inflammations sont importants, c'est ce que l'on appelle la réactivité de surface.

Outre le stress oxydant et les inflammations, un nouveau mécanisme de toxicité plus particulièrement inquiétant a été mis en évidence par les chercheurs chez les souris vivantes. En effet ils montrent des modifications des chaines d'ADN : des cassures dans l'ADN double hélice ont été mises en évidence.

La manufacture de TiO2 représente une industrie importante, avec une production d'environ deux millions de tonnes par an. Les personnes les plus exposées aux nanoparticules sont évidemment les employés de cette industrie, mais les résultats de cette étude devraient susciter les inquiétudes quant à l'exposition aux nanoparticules des consommateurs, d'après le professeur Schiestl. Les souris exposées aux nanoparticules de TiO2 ont commencé à montrer des dommages génétiques à partir du 5e jour. L'équivalent humain serait d'une année et demie d'exposition aux nanoparticules dans un environnement industriel. Cependant il n'est pas clair si l'exposition régulière et quotidienne augmente exponentiellement avec le temps.
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"Nanoparticles used in common household items caused genetic damage in mice", 16 Novembre 2009
http://www.nanowerk.com/news/newsid=13559.php
- Abstract de la publication dans Cancer Research : "Titanium Dioxide Nanoparticles Induce DNA Damage and Genetic Instability In vivo in Mice" - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/HCFLg

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Des chercheurs du Conseil National de Recherche Canada (CNRC) venant de domaine différents (médecine, physique, mécanique des fluides, chimie et microbiologie) travaillent ensemble sur la conception de nanoparticules capables d'identifier rapidement divers microorganismes pathogènes.

Les techniques usuelles de cultures cellulaires nécessitent un délai de plusieurs jours avant d'obtenir une colonie suffisamment importante pour être identifiée. Un dépistage ne durant qu'une ou deux heures présenterait plusieurs avantages. Premièrement, cela permettrait de prescrire aux patients un traitement mieux adapté et de mettre en place plus rapidement des protections sanitaires, si nécessaire. Un diagnostique accéléré éviterait l'usage préventif, souvent inutile, d'antibiotiques rendant les souches bactériennes plus résistantes aux médicaments.

Les équipes se concentrent sur la détection de bactéries pathogènes, comme la salmonelle ou les staphylocoques dorés. Plusieurs types de sondes sont élaborés. Certaines nanoparticules sont paramagnétiques et capturent les microbes en présence d'un champ magnétique. Un simple aimant permet ensuite de rassembler et de récupérer les organismes. D'autres sondes, une fois agglomérées aux bactéries, permettront de les reconnaître par fluorescence. Les chercheurs ont aussi développé des détecteurs interférant avec des fragments d'ADN, rendant possible l'identification de plus de 90 bactéries dangereuses. Les chercheurs espèrent concevoir des particules polyvalentes combinant les différentes technologies ou augmenter encore la rapidité des analyses. "On pourrait alors imaginer un appareil comme celui employé par les diabétiques pour doser le glucose" précise Benoît Simard, chercheur au CNRC.

 

http://www.nrc-cnrc.gc.ca/fra/dimensions/numero1/pathogenes.html

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Des marqueurs fluorescents qui aident le chirurgien à repérer en temps réel les contours de la tumeur maligne qu’il opère. Des médicaments « intelligents » capables d’être activés à distance dès qu’ils ont atteint leur cible... Comme d’autres domaines de la médecine, la cancérologie se met à l’heure des nanotechnologies. La plupart de ces minuscules outils, dont la taille est de l’ordre du milliardième (« nano » en grec) de mètre, n’en sont qu’au stade de la recherche. Mais ils ouvrent, à moyen terme, des perspectives passionnantes tant pour diagnostiquer que pour soigner les cancers. Un symposium international, récemment organisé à Paris par l’Institut national du cancer (Inca) et l’Inserm, a fait le point sur ces recherches en « onconano ».


Côté diagnostic, l’un des défis majeurs consiste à mettre au point des nanosondes capables de se fixer sur les cellules cancéreuses. Injectées dans l’organisme, elles peuvent ainsi révéler la présence d’une tumeur en émettant un signal, radioactif ou optique par exemple. « Le traceur idéal, qui marque à 100 % les cellules cancéreuses, et uniquement celles-ci, est sans doute un mythe », note d’emblée Philippe Rizo, directeur scientifique de Fluoptics, une start-up du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) qui travaille sur deux pistes prometteuses dont l’une, la nanoémulsion de fluorophore, permet d’illuminer le système lymphatique.


Ce traceur, à l’essai chez l’animal, repère les ganglions drainant une tumeur, c’est-à-dire les voies par lesquelles les cellules cancéreuses se disséminent dans le corps du patient. « En protégeant le fluorophore, notre nanémulsion permet d’obtenir une brillance très importante et une très grande stabilité, ce qui permettra d’appliquer cette technique à de nombreux types de cancer », poursuit M. Rizo.


Plus spectaculaire encore, Fluoptics développe un marqueur de la néoangiogénèse, autrement dit la formation de nouveaux vaisseaux sanguins qui accompagne la croissance des tumeurs cancéreuses. Chez un malade sur quatre, ce traceur fluorescent se fixe aussi sur la tumeur elle-même. Couplé au système optique développé par Fluoptics, « cela aidera le chirurgien à visualiser directement les cellules potentiellement cancéreuses et les limites de la tumeur pendant l’intervention », prédit M. Rizo en précisant que les cancers de la cavité abdominale devraient être les premiers concernés.


Actuellement à l’étude chez de petits animaux, ce marqueur devra cependant passer par le même circuit de validation qu’un médicament. Selon le directeur scientifique de Fluoptics, les premiers essais cliniques sont prévus vers 2011.


« Les techniques de diagnostic par imagerie moléculaire sont prometteuses à assez court terme », confirme le Pr Jean-Yves Blay, cancérologue au centre Léon-Bérard, à Lyon.


Mais pour ce praticien, les nanotechnologies auront bien d’autres applications dans le dépistage des cancers. « À l’avenir, ces outils permettront de réaliser de minuscules prélèvements, beaucoup moins traumatisants pour les malades que les biopsies d’aujourd’hui. Les laboratoires sur puce seront aussi très utiles pour étudier de façon très fine les caractéristiques des tumeurs, avec une série de biomarqueurs. » Un profilage indispensable en vue de traitements personnalisés.


Le versant thérapeutique des nanotechnologies est également en pleine ébullition. Le principe est séduisant : en plaçant les substances médicamenteuses dans des nanoenveloppes, on modifie profondément leur diffusion dans l’organisme. Soixante-dix fois plus petits qu’un globule rouge, les « nanovecteurs » franchissent aisément les barrières biologiques, à commencer par les membranes cellulaires.


Au final, l’efficacité est augmentée, et la toxicité du traitement réduite. Plusieurs nanomédicaments (notamment à base de liposomes et de protéines pegylées) sont déjà commercialisés. L’équipe du Pr Patrick Couvreur de la faculté de Chatenay-Malabry (Hauts-de-Seine) développe de nouvelles générations de nanovecteurs.


Un composé à base de gemcitabine - une chimiothérapie déjà ancienne - et de squalène (le cholestérol du requin) est ainsi à l’étude. L’association de ces deux substances, qui entraîne la formation spontanée de nanoparticules, a déjà obtenu des résultats spectaculaires dans plusieurs types de cancers chez l’animal. Des travaux consistant à envelopper le duo gemcitabine-squalène dans des particules d’oxyde de fer sont également en cours. Objectif : activer le médicament à distance par un aimant quand il a atteint sa cible tumorale.

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Le Centre for Clean Water Technologies de l'Université de Nottingham (le centre pour les technologies pour purifier l'eau) combine, sous la direction du Professeur Nidal Hilal, l'utilisation des bactéries aux toutes dernières techniques de filtration par membrane pour améliorer et raffiner les techniques de purification de l'eau. Ainsi, lors du processus de bio-remédiation, les organismes monocellulaires "mangent" les contaminants présents dans l'eau, qu'elle soit traitée avant usage industriel ou pour la consommation humaine. L'eau est ensuite filtrée à travers des membranes poreuses qui fonctionnent comme un tamis dont les trous peuvent présenter un diamètre allant de dix microns à un nanomètre. Les chercheurs de Nottingham estiment que cette technologie combinée peut être utilisée pour fournir de l'eau potable dans des zones géographiques qui en manquent.

De plus, pour la technologie classique, l'efficacité des membranes utilisées pour le traitement de l'eau peut diminuer au cours du temps, parce qu'elles peuvent être encrassées par des contaminants. Mais, en utilisant la bio-remédiation, ces membranes peuvent être nettoyées en circuit fermé, sans qu'il y ait besoin de les démonter. Les chercheurs de Nottingham ont développé cette technique en collaboration avec Cardev International, une entreprise anglaise spécialisée, entre autres, dans la filtration de l'huile.

Les membranes de nanofiltration et d'utrafiltration présentent un intérêt supplémentaire, outre celui d'être très efficaces dans le retraitement de l'eau ou dans la transformation en eau propre des effluents liquides industriels contaminés avec des métaux ou des huiles : les produits de résidus présentent un pouvoir calorifique élevé et peuvent être utilisés comme combustible.

Les membranes de nanofiltration et d'ultrafiltration sont également utilisées dans le cadre de travaux financés par le Middle East Desalination Research Centre (le MEDRC, le centre de recherche de désalinisation du Moyen-Orient1). Ces recherches visent à obtenir de l'eau potable à partir de l'eau de mer. En "pré-traitant" l'eau de mer et en en retirant les contaminants, les membranes contribuent à réduire l'encrassement des installations mises en oeuvre lors de l'étape suivante du traitement (qu'il s'agisse d'osmose inverse ou de dessalement thermique). On peut ainsi prévenir l'endommagement des installations et réduire les besoins de réparation ou de remplacement.

Selon le professeur Hilal, "en combinant la bio-remédiation et la technologie de nanofiltration, le procédé de purification de l'eau est intégré - utilisant bien moins d'énergie que le procédé actuel. Ajoutez à cela le recyclage des produits de résidus comme carburant et vous avez une technologie bien plus verte".

Par ailleurs, les compétences du professeur Hilal et de son équipe de recherche s'étendent également à la microscopie par force atomique (AFM pour Atomic Force Microscopy) : les scientifiques peuvent donc étudier la façon dont les liquides se comportent au niveau atomique, en particulier comment ils s'écoulent et se séparent (par exemple à travers les pores d'une membrane) Ces résultats pourraient être utilisés par exemple pour optimiser l'utilisation de l'huile dans un moteur. Les liquides sont également testés sur une large plage de températures, de -50°C à 150°C.

- Université de Nottingham, 12/02/08 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/sqZxv
- Centre for Clean Water Technologies - http://www.nottingham.ac.uk/~enzmp/ccwt/
- Cardev International - http://www.cardev.com/
- http://www.medrc.org/

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Des chercheurs du Nano Machine Center à University of California à Los Angeles ont développé un nouveau type de nanosystème capable de piéger dans des mésopores des molécules pour le traitement du cancer et de les relâcher dans des cellules cancéreuses en réponse à un stimulus de lumière.

Ce système appelé "nanoimpeller" est le premier système contrôlé par la lumière capable d'agir dans des cellules vivantes. Les nanosystèmes mécaniques conçus pour capturer et relâcher des molécules en réponse à un stimulus font l'objet d'une activité de recherche croissante. Plusieurs équipes s'intéressent à développer un matériau photoactivé qui pourrait ainsi délivrer un médicament sous contrôle externe à un endroit et à un moment précis. Les nanosystèmes pour ce type d'applications doivent être constitués à la fois d'un contenant approprié et d'un composant mobile photoactivable qui permette de délivrer les charges du contenant.

L'équipe dirigée par Fuyuhiko Tamanoi et Jeffrey Zink au California NanoSystems Institute (CNSI) de UC Los Angeles vient de développer un nanosystème qui utilise du silicum mésoporeux (pores de 200nm de diamètre) pour le contenant et des dérivés azobenzène greffés à l'intérieur des pores comme partie mobile photo sensible. On sait en effet que ces composés ont la propriété d'évoluer entre deux configurations isomères Cis et Trans sous l'effet d'une irradiation lumineuse (photo-isomèrisation). Pour tester l'efficacité de ces "nanoimpellers" pour transporter et délivrer sous contrôle externe des agents thérapeutiques dans des cellules cancéreuses, les chercheurs ont chargé les mésopores du substrat avec des molécules pour traiter in vitro différents types de cellules humaines cancéreuses (cancer du colon et du pancréas). Après une période d'incubation dans le noir, les cellules ont été irradiées sous différentes longueurs d'onde et différentes puissances, permettant aux azobenzènes de changer de configuration et de relâcher ainsi les molécules au niveau des cellules malignes.


La microscopie confocale montre que les "nanoimpellers" peuvent être contrôlés à la fois par l'intensité de la lumière, sa longueur d'onde et le temps d'exposition, ce qui permet de délivrer des doses mesurées à des moments précis. Un contrôle précis de ces différents paramètres permet donc d'envisager l'administration de médicaments depuis ces mésopores dans des sites spécifiques et à des moments précis. D'après Tamanoi et Zink, ce système a des applications potentielles dans le traitement des cancers du colon et de l'estomac : le fait de pouvoir contrôler de l'extérieur la délivrance des agents thérapeutiques permet d'administrer des petites doses régulièrement et de profiter ainsi d'une meilleure efficacité des médicaments.

SOURCE :
 - Physorg.com, 1er Avril 2008 "UCLA researchers design nanomachine that kills cancer cells" - http://www.physorg.com/news126262935.html
- Small Time Online Edition du 31 Mars, "Light-Activated Nanoimpeller-Controlled Drug
Release in Cancer Cells", Jie Lu, Eunshil Choi, Fuyuhiko Tamanoi, Jeffrey I Zink


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Bonne nouvelle sur le front de la guerre contre le cancer. Le Canada autorise la commercialisation du Tarceva, connu sous le nom générique d’erlotinibe, capable de prolonger la vie des personnes qui souffrent d’un cancer du poumon en phase avancée. Le médicament appartient à une nouvelle classe d’anticancéreux à prise orale appelés inhibiteurs de l’EGFR (inhibiteurs du récepteur du facteur de croissance).

Cette nouvelle catégorie de médicaments ralentit la croissance des tumeurs en agissant sur les composantes cellulaires responsables de leur reproduction, selon des chercheurs de l’Université de Toronto et de l’hôpital Princesse Margaret. Leurs travaux, publiés dans le New England Journal of Medecine, montrent qu’environ le tiers des patients qui souffraient de carcinomes bronchiques à petites cellules, le type de cancer du poumon le plus fréquent, étaient toujours en vie un an ou plus après avoir pris le médicament, comparativement au cinquième de ceux qui avaient absorbé un placebo. Le Tarceva ne fait pas que prolonger la survie des personnes atteintes, il améliore également leur condition puisqu’il cause très peu d’effets secondaires négatifs.

Au Canada, le cancer du poumon est le cancer le plus souvent diagnostiqué et le plus mortel. En 2005, 22 200 personnes recevront un diagnostic de cancer du poumon. D’après les statistiques, 1 homme sur 11 sera atteint d’un cancer du poumon au cours de sa vie, et 1 sur 12 en mourra. Chez les femmes, 1 sur 17 sera atteinte d’un cancer du poumon au cours de sa vie, et 1 sur 20 y succombera.

RC

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