Deux compagnies japonaises, Mitsubishi Material et Toray Dowcorning, ont développé deux nouveaux matériaux destinés à la fabrication d'anodes de batteries lithium-ion. Ils
permettent tous deux d'améliorer considérablement la capacité de décharge des batteries.
Améliorer la capacité des batteries représente un enjeu important pour l'industrie automobile, puisque c'est elle qui détermine l'autonomie des véhicules électriques. Cette amélioration passe par
celle des trois parties qui compose une batterie : l'anode, la cathode et l'électrolyte. Les anodes des batteries lithium-ion (ces batteries présentent actuellement la meilleure densité
énergétique) sont constituées pour la plupart de graphite. Cependant, le potentiel de ce dernier par rapport au lithium est relativement bas, provoquant ainsi le dépôt de lithium à la surface des
électrodes (dendrite), ce qui les détériore. De plus, la capacité théorique du graphite est peu élevée (370 mAh/g).
Les matériaux les plus prometteurs pour le développement des anodes sont les alliages métalliques, tels que le lithium-silicium (Li-Si - capacité théorique de 4.000 mAh/g) et le lithium-étain
(Li-Sn - 990 mAh/g). Leur inconvénient est qu'ils sont sujet à de très fortes variations de volume lors des cycles de charge et de décharge, entraînant la dégradation de l'électrode. Une deuxième
solution se trouve dans le développement d'anodes en oxyde mélangé à du graphite. Leur capacité théorique (entre 500 et 1000 mAh/g) est inférieure à celle des alliages métalliques, mais leur
variation de volume est plus limitée.
Le matériau développé par Mitsubishi Material relève de la première solution. La compagnie a en effet développé un nouvel alliage à base d'étain. La variation de volume est limitée grâce à une
structure aérée et une taille des particules qui ne dépasse pas les 2 micro-m. L'anode est fabriquée par l'incorporation dans du graphite habituellement utilisé d'un alliage à base d'étain (40%),
à laquelle a été ajoutée, comme adjuvant conducteur, de la fibre de carbone (5%) qui favorise le transport des électrons. La capacité de décharge (500 mAh/g) de l'électrode a ainsi été améliorée
de 1,5 fois par rapport à une anode en graphite. Cette capacité ne se dégrade que de 4% après 50 cycles de charge et de décharge. La compagnie espère pouvoir proposer des échantillons rapidement
et obtenir une part de marché de 20% d'ici 5 ans.
Le matériau développé par Toray Dowcorning relève de la seconde solution. L'anode, en oxyde d'étain-carbone (SiO-C), est fabriquée par frittage de macromolécules contenant de l'étain. Sa capacité
de décharge est comprise entre 500 et 800 mAh/g. Elle diminue de 15% après 140 cycles. La variation de volume est limitée à 20%. La compagnie a déjà expédié des échantillons à des constructeurs
automobiles pour obtenir une évaluation de son produit.
Sources: - Tech-on! - 24/01/2011 (japonais) - http://techon.nikkeibp.co.jp/article/NEWS/20110124/188991/
- Communiqué de Mitsubishi Material - 24/01/2011 (japonais) - http://www.mmc.co.jp/corporate/ja/01/01/11-0124.html
3. Tech-On! - 21/01/2011 (japonais) - http://techon.nikkeibp.co.jp/article/NEWS/20110121/188925/
Moins nocifs pour l’environnement en raison de leur structure fermée,
les fullerènes inorganiques de bisulfures de molybdène (IF-MoS2) présentent des propriétés réductrices de frottement et anti-usure tout à fait exceptionnelles et nettement
supérieures à celles des molécules utilisées classiquement. Leur intégration dans des lubrifiants automobiles pourrait permettre de réduire les pertes énergétiques liées au
frottement dans les moteurs, de réduire la consommation de carburant et donc les émissions polluantes. La formulation de ces nouveaux « nanolubrifiants » nécessite cependant une
parfaite maîtrise du mode d’action de ces objets dans le contact tribologique.
Afin de pouvoir visualiser le comportement de ces nano-structures sous sollicitation à l’échelle nanométrique, le Laboratoire de Tribologie et de Dynamique des Systèmes (UMR 5513 CNRS/ Ecole
Centrale de Lyon/ENI Saint-Etienne) s’est récemment doté d’un tout nouveau porte échantillon muni d’une pointe AFM (Atomic Force Microscopy) permettant de réaliser des expériences de frottement à
l’intérieur d’un Microscope Electronique en Transmission (MET).
Ce nouveau système a ainsi permis aux chercheurs d’observer en temps réel le comportement d’une nanoparticule isolée dans un contact dynamique, fournissant ainsi de précieuses informations sur le mécanisme de lubrification des fullerènes de MoS2. Suivant les conditions de sollicitation et les caractéristiques intrinsèques de la particule : taille, cristallinité, morphologie, il a été montré que les particules pouvaient adopter des comportements très différents allant du glissement au roulement, en passant par une exfoliation de leurs feuillets externes (figure 1). La figure 2 montre une particule de MoS2 déformée plastiquement après compression à l’aide du dispositif d’indentation sous MET du CLYM (Centre LYonnais des Microscopies).
Sources: CNRS
Jusqu'où informer les citoyens sur les nanotechnologies ? Que faut-il que
chacun sache pour pouvoir faire des choix éclairés ? Comment assurer une bonne prise en compte des problématiques par le public ? Le récent débat public sur les nanotechnologies a illustré en
France la difficulté d'apporter une réponse appropriée à ces questions. Aux Etats-Unis, la réaction de l'opinion publique sur les nanotechnologies est aussi scrutée à la loupe.
Le pays n'a pas connu de crise alimentaire majeure comme ce fut le cas en Europe dans les années 90 avec la crise de la "vache folle" ou celle de la dioxine. Les organismes génétiquement modifiés
n'ont pas non plus suscité aux Etats-Unis l'émoi que l'on connaît sur le vieux continent. La situation européenne inquiète outre-Atlantique. Etant donné les enjeux économiques, une forte
attention est portée sur le déroulement pacifiste de la révolution nano. Dans ce but, la National Science Foundation a financé la création de deux Center for Nanotechnology in Society (CNS) [1]
[2]. Ces centres ont pour but de mener des études sur le degré et le niveau d'information du public sur les nanotechnologies. Les chercheurs étudient aussi l'opinion des citoyens sur le
développement des nouveaux produits ou encore l'appréhension des risques posés par les nanomatériaux.
Il ne faut pas craindre de parler des risques
Une étude financée par le CNS de l'Arizona State University publiée le 4 mai 2010 avait pour but d'évaluer la perception du public concernant les applications médicales des nanotechnologies.
L'étude a montré que le soutien des personnes ayant déjà entendu parler des nanotechnologies est plus facile à obtenir lorsqu'on leur présente à la fois les risques et les bénéfices des
dispositifs. Cependant, chez les individus ne connaissant rien aux nanotechnologies, l'effet inverse a été observé.
Deux catégories d'applications médicales étaient évoquées dans l'étude : les nouvelles thérapeutiques et l'augmentation artificielle des capacités physiques. Le panel était découpé en six
groupes. Le premier groupe ne recevait qu'une image fantaisiste d'un dispositif médical de taille nanométrique. Les groupes 2 et 3 recevaient la même image accompagnée d'un texte présentant les
nanotechnologies comme étant capables, respectivement, de soigner complètement un individu ou de rendre les être humains plus forts, plus rapide et plus intelligents. Les groupes 4 et 5
recevaient, en plus de ce qui avait été fournis aux groupes 2 et 3, un texte présentant les risques pour la santé des nanomatériaux. Le dernier groupe, groupe témoin, ne recevait rien. Il est
apparu de manière claire que le soutien aux applications thérapeutiques est plus élevé que pour celles concernant l'amélioration des capacités physiques.
L'utilisation de l'image fantaisiste avait pour but de stimuler l'imagination des sondés. Elle montre des nano-objets fixés sur des globules rouges dans un vaisseau sanguin, évoquant alors le
mythe de la grey goo, soupe de nano-robots autoréplicateurs, qui avait fortement contribué à alerter l'opinion publique sur les dangers potentiels des nanomatériaux dans les années 90. Elle n'a
pas eu d'impact important sur les réponses aux questions même si elle a contribué à inquiéter les personnes qui ne connaissaient rien aux nanotechnologies.
Cette étude montre que les personnes informées sur les nanotechnologies sont plus à même de comprendre les implications et d'effectuer la balance entre risques et bénéfices. L'attention devrait
donc se porter sur une bonne information de l'ensemble des citoyens sur les nanotechnologies. Or, une autre étude est venue montrer que le fossé se creuse entre les citoyens à ce sujet.
L'inégalité face à l'information
D'après une étude publiée sur le site thescientist.com [3], les personnes ayant suivi des études supérieures ont vu leurs connaissances des nanotechnologies légèrement augmenter entre 2004 et
2007. Dans le même temps, sur le même sujet, le niveau de connaissance des personnes n'ayant pas le niveau baccalauréat a fortement baissé.
L'accroissement de l'écart de connaissances entre les personnes ayant des niveaux d'éducation différents remet en cause les stratégies de transmission des connaissances. Les musées des sciences,
par exemple, ne permettent pas de toucher les personnes les moins éduquées qui ne les fréquentent pas beaucoup. L'utilisation des médias de masse et les nouvelles technologies semble être une
possibilité pour redresser la situation. L'étude suggère en effet qu'une forte corrélation existe entre le temps passé sur internet et le niveau de connaissance sur les nanotechnologies. En 2006,
plus des deux tiers des adultes américains déclaraient par ailleurs se tourner vers internet pour chercher des informations sur les sujets scientifiques. Cependant, la neutralité des recherches
via le moteur de Google, le plus utilisé, n'est pas assurée.
Les biais provoqués par l'utilisation massive de Google
Des chercheurs de l'université du Wisconsin se sont intéressés aux mots clés entrés par les internautes lors de leurs recherches sur les nanotechnologies via Google. Ils ont publié leurs
résultats dans la revue Materials Today [4]. Leur étude indique que les résultats du moteur de recherche orientent les internautes vers des sites portant sur les applications médicales des
nanotechnologies.
En octobre 2008, trois des dix termes accolés à nanotechnology les plus entrés étaient en relation avec l'économie (stocks, jobs, et companies) alors qu'un seul était en rapport avec le monde
médical (medicine). En aout 2009, il ne restait plus qu'un terme relié à l'économie (companies) et le terme medicine avait été rejoint par le terme cancer. L'important est de noter que tous ces
termes sont des termes suggérés par le moteur de recherche lui-même lorsque le terme nanotechnology est saisi. Un premier biais était alors mis en évidence, lié au mécanisme de suggestion du
moteur de recherche.
A ce premier résultat s'ajoute le fait que les résultats fournis par le moteur de recherche sont aussi biaisés. L'orientation vers des sites liés aux applications médicales des nanotechnologies
est disproportionnée, et ce même lorsque les mots clés entrés n'évoquent pas la médecine. Or, le système de suggestion et l'affichage des résultats sont basés sur des processus itératifs. Plus
les termes sont entrés, plus ils sont suggérés. Plus les sites sont consultés, plus ils apparaissent dans les premiers mentionnés. Un cercle vicieux se met en place renforçant les biais
observés.
Les moyens d'accès via internet à l'information sur les nanotechnologies sont dépendants de la configuration des outils de recherche. Les découpages thématiques nécessaires pour assurer
l'efficacité des recherches peuvent ainsi contribuer à influencer l'opinion publique autour d'une problématique en orientant son accès aux informations. Etant donné l'usage croissant d'internet
dans la recherche d'informations sur la science, la perception que le public obtient sur les nanotechnologies est alors orientée.
En trame de fond de ces études, l'inquiétude est la même. Comment faire plus, et comment faire mieux, pour assurer la transmission des informations aux citoyens sur les nanotechnologies afin de
permettre un réel débat démocratique autour des orientations à prendre ?
Sources:
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- Survey: Hiding risks can hurt public support for nanotechnology, M. Shipman, News Services of the North Carolina State University, 04/05/2010 - http://news.ncsu.edu/releases/wmscobbnanorisks/ |
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Rédacteur : |
Vincent Reillon, deputy-phys.mst@consulfrance-houston.org |
Vous
êtes dans votre restaurant italien préféré, prêt à déguster les meilleurs spaghetti du chef. L'assiette arrive et là, surprise ! Vous vous trouvez devant un enchevêtrement de spaghetti de toutes
les tailles et de toutes les couleurs. Tout à l'air comestible mais ce que vous préférez vous, ce sont les jaunes de taille moyenne. Il va falloir des heures pour faire le tri.
Les physiciens éprouvent la même difficulté avec les nanotubes de carbones. Les conditions de fabrication de ces nanomatériaux sont mal contrôlées. Le résultat obtenu ressemble à notre plat de
spaghetti : différentes catégories de différentes tailles. Chaque type de nanotube présente des propriétés électroniques différentes et donne lieu à des utilisations différentes. Depuis 20 ans,
des recherches sont en cours pour trouver des méthodes rapides et bon marché afin de séparer les différentes catégories.
Des chercheurs de la Rice University de Houston ont fortement amélioré une de ces techniques de séparation : l'ultracentrifugation sur gradient de densité. Pour cela, ils ont utilisé un gradient
de densité non-linéaire, améliorant la séparation spatiale des différentes catégories. Cette réussite est liée au développement d'un instrument de fluorescence infrarouge permettant de scanner
rapidement le degré de séparation des espèces.
La technique permet de séparer simultanément 10 types de nanotubes de carbones à paroi unique (Single Wall Carbon NanoTube ou SWCNT). Les surfactants utilisés ont même permis de séparer des
nanotubes de même diamètre et arrangement mais images l'un de l'autre dans un miroir. Cette avancée est prometteuse pour enfin faire avancer la métrologie sur les nanotubes de carbone et étudier
les propriétés de chaque catégorie afin de les utiliser de manière plus ciblée.
Les nanotubes sont comme les pâtes, il en existe des dizaines de variétés
Un nanotube de carbone naît de l'enroulement d'une feuille de graphène sur elle-même. Comme la structure du graphène est composée d'hexagones de carbones accolés, il existe beaucoup de
possibilités d'enroulement permettant de créer des types de nanotube différents (figure 2). Pour s'y retrouver, les nanotubes sont décris à l'aide de deux nombres (n,m). Lorsque n et m sont
égaux, par exemple (6,6) ou (9,9), le nanotube obtenu, dit nanotube fauteuil, est métallique. Lorsque m vaut zéro, il s'agit d'un nanotube zigzag. Dans les autres cas, on parle de nanotube
chiral. Les nanotubes chiraux et zigzag sont des semi-conducteurs.
Lors de la production, toutes les sortes de nanotubes sont mélangées. Bien que les nanotubes soient produits depuis plus de 20 ans en laboratoire, l'absence de technique de séparation empêche
toujours de caractériser précisément les propriétés de chaque catégorie, rendant d'autant plus difficile la tâche d'identification. "Beaucoup d'équipes ont annoncé avoir découvert des méthodes
efficaces. Dans la majorité des cas, la différenciation endommage les nanotubes. Et puis, ces méthodes maisons ne sont que rarement transposées, ce qui montre sans doute qu'elles ne sont pas très
pertinentes", raconte le Professeur Weisman.
L'ultracentrifugation à gradient de densité
En 2006, une équipe de la North Western University a eu l'idée de transposer aux nanotubes les méthodes utilisées en biochimie pour séparer les protéines ou les ribosomes [1]. Les nanotubes sont
plongés dans un surfactant qui se lie à eux. Pour chaque catégorie de nanotube, on obtient une micelle ayant une densité différente. En centrifugeant le mélange dans un tube à essai rempli d'un
liquide présentant un gradient de densité, chaque type de nanotube sédimente à un niveau donné dans le tube à essai (figure 1 A).
La difficulté de l'opération est de manier avec précision tous les paramètres qui interviennent : le type de surfactant utilisé, le diamètre des tubes à essai, la vitesse ou encore la température
de centrifugation. Pour parvenir au meilleur résultat il faut tester un à un tous ces paramètres. Etant donné le nombre de combinaisons possibles, cela peut prendre beaucoup de temps !
La première innovation apportée par l'équipe du Pr. Weisman a été de mettre au point une technique de caractérisation rapide du contenu du tube à essai. Les différents nanotubes de carbones
semi-conducteurs ont une signature unique par fluorescence infrarouge (figure 1 B). Après centrifugation, le tube à essai ressemble à un code barre que l'instrument parcours verticalement
enregistrant le signal de fluorescence permettant d'identifier le type de nanotube présent à chaque niveau. Avant cela, il était nécessaire d'aller prélever chaque couche successivement pour
procéder à l'analyse.
La seconde innovation dans le procédé a été d'utiliser un gradient de densité non-linéaire. Un gradient linéaire entraîne une séparation spatiale entre les couches de nanotubes différents et
proportionnelle à la différence de densité. Lorsque les densités sont très proches, les différents types de nanotubes ne sont pas efficacement séparés. Un gradient de densité non-linéaire permet
d'augmenter la séparation spatiale des espèces ayant des densités très proches.
Au final, la multiplication des essais a permis de fixer correctement les paramètres de la centrifugation pour séparer efficacement 10 familles de nanotubes en même temps [2]. La séparation n'est
pas parfaite mais les couches obtenues sont toutes fortement enrichies d'un seul type de nanotube. En plus de ce résultat, une surprise supplémentaire attendait les chercheurs.
La séparation d'énantiomères
Les molécules contenant des atomes de carbones existent généralement en deux exemplaires, images l'une de l'autre dans un miroir, appelés énantiomères. Une structure présentant deux énantiomères
est dite chirale. Les nanotubes de carbone, excepté les types zigzag et fauteuil, sont chiraux. Les hexagones de carbones des nanotubes chiraux semblent s'enrouler vers la gauche (espèce
lévogyre) ou vers la droite (espèce dextrogyre).
Les deux surfactants utilisés par le Prof. Wiesman sont des molécules organiques d'origine animale. Or, les molécules du vivant ont la particularité d'être toutes lévogyres. Les mêmes surfactants
produits de manière artificielle comprendraient à part égale des molécules lévogyre et dextrogyre. Les molécules de surfactant toutes lévogyres vont se lier de manière différentes avec les
nanotubes de carbones lévogyres et dextrogyres créant ainsi pour chacune de ces espèces des micelles de densités différentes. Ainsi, la méthode développée permet non seulement de séparer les
différents catégories de nanotubes de carbones mais aussi, pour chaque catégorie, de séparer les énantiomères.
Une avancée prometteuse
Les nanotubes de carbones présentent des propriétés variées en fonction de leur type. Le spectre de leur utilisation est large. Cependant, l'impossibilité de séparer efficacement les différentes
catégories complique les utilisations qui peuvent en être faites. "Dans les utilisations médicales des nanotubes comme vecteurs de médicaments, il est important de pouvoir utiliser un type de
nanotube donné afin de pouvoir suivre précisément par fluorescence infrarouge leur évolution dans le corps." raconte le Prof. Wiesman.
Erik Haroz travaille lui sur les nanotubes métalliques, de type fauteuil. Il a utilisé la même technique pour séparer les différentes catégories mais ne peut pas utiliser la même méthode de
détection. "Seuls les nanotubes de carbones semi-conducteurs fluorescent dans l'infrarouge. Pour les nanotubes métalliques, il faut utiliser la spectroscopie Raman." Une étude détaillée des tubes
après centrifugation lui a permis de mettre en évidence que la méthode permettait aussi d'obtenir des couches fortement enrichies en nanotubes métallique d'une catégorie donnée, (7,7) ou (9,9)
par exemple [3].
"La séparation des espèces constitue un premier pas vers la réalisation de câbles conducteurs constitués de nanotubes. La réalisation de câbles électriques macroscopiques en nanotubes permettrait
d'améliorer fortement le rendement du transport d'électricité et de réduire les coûts" s'enthousiasme Erik. Cependant, quelques années d'efforts seront encore nécessaires pour atteindre ce
résultat.
Sources:
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Nano parfait a treat for scientists, Rice News, D. Ruth, 10/05/2010 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/ivb5N |
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Rédacteur : |
Vincent Reillon, deputy-phys.mst@consulfrance-houston.org |
La mise en place de réglements afin d'assurer une
gestion efficace des risques posés par les nanomatériaux et assurer leur développement responsable est au coeur des efforts de nombreux pays. Aux Etats-Unis, l'Environment Protection Agency (EPA)
est responsable de l'application de la réglementation sur les composés chimiques par le Toxic Substance Control Act (TSCA) et sur les pesticides par le Federal Insecticide, Fungicide, and
Rodenticide Act (FIFRA).
Le Government Accountability Office (GAO) vient de publier un rapport concernant les réglements de l'EPA sur les nanomatériaux, qui met en avant les difficultés actuelles sur ces questions [1].
L'American National Standards Institute (ANSI) a, lui, proposé aux acteurs américains de débattre d'une norme ISO en préparation concernant l'étiquetage des produits contenant des
nanomatériaux.
Le GAO pointe la faiblesse des réglementations actuelles et de l'action de l'EPA
Dans son rapport, le GAO soulève les mêmes obstacles à une régulation efficace que ceux exposés dans un récent rapport publié par la Mission pour la Science et la Technologie aux Etats-Unis sur
les questions d'environnement, santé et sécurité posés par les nanomatériaux [2]. Ces obstacles comprennent notamment l'absence d'une métrologie commune pour caractériser les nanomatériaux ou
pour comparer les études de toxicité et la faiblesse de la réglementation qui n'est pas adaptée pour prendre en compte les nanomatériaux.
Le GAO remet en cause le principe d'identité moléculaire ("identique en substance") sur lequel est bâtie, dans le TSCA, la distinction entre matériau existant et nouveau matériau nécessitant une
estimation des risques. Il invite l'EPA à considérer tous les nanomatériaux comme des nouveaux matériaux, même si ces derniers sont déjà approuvés dans leur usage macroscopique. Le GAO soutient
ainsi les évolutions du TSCA proposées récemment [3].
Le GAO demande à l'EPA de créer de nouvelles réglementations pour tenir compte des propriétés particulières des nanomatériaux. Il appelle ainsi à modifier le FIFRA afin d'obliger les fabricants à
indiquer la présence de nanomatériaux dans leurs produits, et ce même pour les produits déjà enregistrés. Enfin le GAO note que l'EPA devrait utiliser plus largement la réglementation actuelle
afin de collecter des données sur la production des nanomatériaux.
L'ANSI met en débat une norme à venir sur l'étiquetage des produits contenant des nanomatériaux
L'American National Standards Institute (ANSI) est l'institution représentant les Etats-Unis dans le Comité Technique pour les nanotechnologies de l'International Organization for Standardization
(ISO), le TC 229. Elle fait le lien entre les travaux menés par le comité et les acteurs américains concernés. A ce titre, elle a proposé une réunion publique sur internet afin d'obtenir
notamment l'avis des industriels sur le document en préparation.
La rédaction de cette Technical Specification, l'ISO/DTS 13830 [4], est conduite par le Comité Européen de Normalisation (CEN) [5]. L'ANSI cherche donc à obtenir l'avis des acteurs américains
afin de défendre au mieux leurs intérêts. Cette nouvelle norme risquerait en effet d'avoir des répercussions importantes pour les industriels dans le domaine des cosmétiques, de l'alimentation et
de l'industrie chimique.
L'enjeu du coté américain sur ces questions de sureté et de maitrise des risques est généralement abordé sous l'angle des répercussions économiques. L'action de l'ANSI en est un nouveau
témoignage. Au même moment, en Europe, c'est la question de la sécurité des personnes qui incite les parlementaires à prendre des mesures concernant les nanomatériaux [6]. L'exemple des mesures
prises pour réglementer les nanomatériaux illustre ainsi comment différentes politiques analysent les questions posées par les travaux de recherche et les innovations et y apportent des
réponses.
Source:
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- EPA's oversight of nanomaterials questioned, |
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Rédacteur : |
Vincent Reillon, deputy-phys.mst@consulfrance-houston.org |
Chaque jour de nouvelles applications des nanotechnologies sont découvertes dans des domaines aussi variés que l’Electronique, la Santé, l’Energie, les nouveaux matériaux, la Cosmétologie,… Les économistes parlent de l’émergence d’une nouvelle industrie pour le 21e siècle pouvant rivaliser avec celles de l’automobile ou de la microélectronique. Néanmoins, cette nouvelle industrie ne pourra se développer qu’à deux conditions.
Premièrement, ses procédés, produits et déchets doivent être sûrs sur tout le cycle de vie : fabrication, usages et fin de vie. Deuxièmement, et ce n’est pas la condition la plus facile à remplir, les nanotechnologies doivent être comprises et adoptées par le grand public.
Un important travail est en cours de développement pour réduire aussi bas que possible le risque induit par la fabrication et l’usage des nanomatériaux. Cela suppose non seulement l’évaluation des dangers potentiels relatifs aux nanoparticules mais aussi la maitrise des expositions.
En parallèle de ce travail scientifique et technique, des actions accompagnant la formation, l’éducation et le dialogue avec le public sont requises.
Initié dans le cadre du projet européen NanoSafe2, Nanosmile est actuellement supporté par le FP7 European iNTeg-Risk. Cinq modules thématiques PRECAUTIONS, METROLOGIE, SANTE, ENVIRONNEMENT et GUIDE DE PREVENTION.
Le Massachusetts Institute of Technology (MIT), en collaboration avec des chercheurs de l'Université de Hong-Kong, a mis au point un biomatériau permettant de contrôler
la croissance, la différentiation et la prolifération de cellules, après leur implantation au niveau neuronal. Ces résultats, obtenus chez le rat, pourraient permettre le développement d'outils
susceptibles d'améliorer la greffe des cellules souches et donc d'accélérer la régénération des organes. L'étude est publiée dans la revue "Cell Transplantation".
L'équipe dirigée par le Dr Ellis-Behnke, au "Brain and Cognitive Sciences Department" du MIT et les chercheurs de l'Université de Hong Kong ont créé un réseau de nanofibres de nature peptidique,
capables de s'auto-assembler : le SAPNS. Ce "nano-échafaudage" permet de fournir à des cellules d'origine neurale un substrat d'adhésion pour guider leur prolifération, leur migration et leur
différentiation. Après implantation dans un organisme, le SAPNS influe sur la survie des cellules transplantées en les protégeant contre le système immunitaire, ce qui pourrait éviter les
phénomènes de rejet de greffes.
Les chercheurs ont cultivé respectivement des cellules PC12 [1], des cellules de Schwann (cellules gliales qui maintiennent les fibres nerveuses périphériques en vie) et des cellules précurseurs
neurales (NPC) en présence de ce nouveau nanomatériau. En manipulant la densité de cellules et la concentration en SAPNS, les scientifiques ont réussi à contrôler le nanoenvironnement entourant
les cellules et ainsi leur prolifération, élongation, différenciation et maturation in vitro. L'expérience a été étendue sur des modèles animaux avec des implants cellulaires dans le cerveau et
la moelle épinière. Les chercheurs ont observé le même contrôle de la croissance des cellules implantées.
Le nanoéchaffaudage SAPNS offre aux cellules implantées une niche, qui minimise la réponse immunitaire, et améliore leur taux de survie. Une telle combinaison de SAPNS - jeunes cellules ou
cellules souches implantées dans le système nerveux central, pourrait éviter à terme l'utilisation d'immuno-suppresseurs.
Ainsi, les progrès de la nanotechnologie en médecine régénérative offrent une ère nouvelle pour la reconstruction des tissus et des organes.
[1] Les cellules PC12 sont une lignée cellulaire dérivée d'un phéochromocytome de médullosurrénale de rat. Les cellules PC12 stoppent leur division et subissent une différentiation neuronale en
présence de "Nerve Growth Factor" (NGF), faisant de cette lignée un modèle utile pour la différentiation des cellules nerveuses.
Source:
- "A 'fountain of youth' for stem cells ?" - Eurelalert - Rutlege Ellis-Behnke - 28/12/2009 - http://www.eurekalert.org/pub_releases/2009-12/ctco-ao122809.php
- "Forever young: how to control the elongation, differentiation, and proliferation of cells using nanotechnology" - Ellis-Behnke et al. - Cell Transplantation - 2009 - Volume 18, Numéro 9, pages
1047 à 1058 -http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20040141
- Alexandre Touvat, deputy-sdv.mst@ambafrance-us.org
Tout le monde en a parlé. Sa photo
a fait la une de tous les sites internet. La star de la semaine est un escargot ! Que se cache-il exactement derrière sa coquille ? Un escargot en apparence bien innocent
Crysomallon squamiferum vit dans un environnement hostile : milieu acide, hautes températures et une série de prédateurs qui peuvent faire de lui un véritable festin. Sa survie, il l'a doit à des millions d'années d'évolution qui ont sélectionné des gènes capables de lui fournir une armure de qualité. Sa coquille multicouche, nano- et micro-structurée, remplit simultanément plusieurs fonctions : protection contre les prédateurs, régulation thermique, protection contre l'acidité. La structure de cette coquille et la mesure de ses propriétés mécaniques ont fait l'objet d'une publication dans les "Proceedings of the National Academy of Science of the USA".
Armure, protection, survie. Il n'est pas difficile d'entrevoir ce que les propriétés de cette coquille pourraient susciter comme innovations. Et ce n'est donc pas par hasard que l'on trouve parmi les financeurs de l'étude le Departement of Defense (DoD), via le MIT Institute for Soldier Nanotechnologie (ISN).
Les nanotechnologies et la défense L'ISN n'est pas le seul institut à portée militaire dans le domaine des nanotechnologies. On peut citer aussi l'US Army Engineer Research and Development Center (ERDC) ou le Natick Soldier Research, Development and Engineering Center (NSRDEC). La Nanotechnology for Defense Conference permet par ailleurs de faire le point annuellement sur les recherches dans le domaine. Car, si les nanotechnologies et la science des matériaux laissent entrevoir des avancées dans le domaine de l'énergie, l'environnement ou encore la santé, leurs applications militaires ne sont pas oubliées. Loin de là.
Le Department of Defense (DoD) absorbe 30% des fonds annuels distribués par la Nanotechnology National Initiative (NNI) . Cela en fait la première agence bénéficiaire, légèrement devant la National Science Foundation (NSF) qui en reçoit en moyenne 27%. Et les objectifs sont clairs. Les recherches menées par le DoD consistent à "découvrir et exploiter les phénomènes uniques à ces dimensions [nanométriques] pour permettre de nouvelles applications améliorant les aptitudes des soldats et les possibilités des systèmes de combats".
Le DoD investit principalement dans des travaux sur la compréhension des phénomènes et des processus à l'échelle nanométrique ainsi que sur les applications directes dans la production d'appareils et de systèmes. C'est ainsi la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) qui, au sein du DoD, perçoit presque 50% des financements consacrés à la recherche sur les nanotechnologies militaires.
Au-delà de l'évolution des systèmes informatiques et électroniques, capitale dans le contexte du paradigme militaire "C4ISR" (Command, Control, Communications, Computers, Intelligence, Surveillance and Reconnaissance), les nanotechnologies ouvrent des possibilités capitales dans le domaine de l'équipement. De plus, les guerres récentes, dite "post-guerre froide", comme en Iraq ou en Afghanistan, ont mis en évidence une évolution nécessaire de l'organisation militaire. Les conflits entre nations, nécessitant des opérations à grande échelle et pour lesquels l'armée américaine était préparée, ont laissé place à des opérations militaires à petite échelle face à des groupes armés réduits dans des environnements difficiles. Ce changement conduit l'armée américaine à réorganiser ses troupes.
La combinaison de ces changements technologiques et organisationnels pourrait alors entraîner une nouvelle "Revolution in Military Affairs" (RMA), et assurer à l'armée américaine une suprématie qu'elle cherche à conserver. Imaginer le soldat du futur Des études prospectives permettent d'envisager qu'elles pourraient être les applications des nanotechnologies dans le domaine de l'équipement militaire. L'une d'elle, la Future Soldier Initiative , a été déclassée récemment. Le portrait robot du soldat de demain qu'elle présente fascine autant qu'il effraie.
Une combinaison recouvre complètement la peau du soldat. Sa structure est composée de nanofibres très résistantes, tissée de nanocables électriques reliant une multitude de nanocapteurs en tout genre. Elle le protège contre les explosions, lui assure une détection automatique des toxines, lui délivre les médicaments nécessaires, le protège des munitions et des flammes, régule sa température, soigne ses plaies. Elle permet de connaître en permanence son état physiologique et psychologique. Sa texture comporte aussi des batteries et de nombreux systèmes capables d'assurer la collecte, la production et la distribution de l'énergie nécessaire au fonctionnement de son équipement. Mais l'équipement du futur soldat ne s'arrête pas là.
Un exosquelette lui permet d'améliorer ses capacités naturelles de vitesse, de force et d'agilité. Des prothèses neurales, systèmes électroniques directement reliés à son système nerveux, produisent des effets similaires sur ces capacités sensorielles. Enfin, le système d'information et de communication du soldat lui permet d'évoluer dans une réalité augmentée. Des données sont collectées en permanence sur son environnement direct et sur celui de ses compagnons. Elles sont traitées en temps réel et lui fournissent une aide capitale dans la prise de décision. Présenté sous cet angle, l'image du soldat du futur protégé par ses combinaisons nanostructurées n'est plus très éloignée de celle de notre escargot caché dans sa coquille protectrice.
L'investissement conséquent dans les applications militaires des nanotechnologies est à la hauteur de l'objectif, affiché sur le site de la DARPA : maintenir la supériorité technologique des forces militaires américaines et se prémunir contre toute surprise technologique pouvant porter atteinte à la sécurité nationale. L'avertissement est clair : les Etats-Unis ne se laisseront pas dépasser technologiquement. Encore moins par un escargot.
Source :
- Iron-plated snail could inspire new armor - MIT News - Anne Trafton - 27/01/2010 - http://web.mit.edu/newsoffice/2010/snail-shell.html
- Future Soldiers May Get Brain Boosters and Digital Buddies - Charles Q. Choi - Live Science - 02/02/2010 - http://www.livescience.com/technology/future-soldiers-100202.html
- Vincent Reillon, deputy-phy.mst@consulfrance-houston.org
Contribuer soi-même aux recherches dans les nanosciences est possible, en
mettant à disposition son ordinateur en veille. Pour cela il suffit d’installer le petit logiciel BOINC et de s’inscrire sur l’un des nombreux projets de recherche : Nanoluz.
Nanoluz est un projet porté par l'institut d'optique Daza de Valdès (Madrid) et le Conseil Supérieur en Recherche Scientifique. C'est l'une des 6 recherches accessibles via Ibercivis, la plateforme espagnole de calcul partagé. Le projet se concentre sur la résolution des équations de Maxwell pour décrire le comportement de la lumière à l'intérieur de différents métamatériaux (des matériaux composites artificiels) à l’échelle nanométrique.
Cette recherche fondamentale est nécessaire pour pouvoir développer certaines technologies comme les ordinateurs optiques où le transfert d’information s’effectue par le biais de la lumière. Les résultats obtenus pourraient également permettre d'améliorer le rendement des panneaux solaires.
Une autre application visée par ce projet consiste à étudier l’interaction de la lumière avec des nanoparticules. Ceci dans le but de concevoir de nouveaux biodétecteurs avec une très haute sensibilité. Ce type de système permettra d'effectuer de nombreux examens médicaux à partir d'une quantité infime de liquide organique (par exemple, d'une larme), il remplacera les analyses macroscopiques comme les prises de sang.
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