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Vendredi 23 octobre 2009

Des marqueurs fluorescents qui aident le chirurgien à repérer en temps réel les contours de la tumeur maligne qu’il opère. Des médicaments « intelligents » capables d’être activés à distance dès qu’ils ont atteint leur cible... Comme d’autres domaines de la médecine, la cancérologie se met à l’heure des nanotechnologies. La plupart de ces minuscules outils, dont la taille est de l’ordre du milliardième (« nano » en grec) de mètre, n’en sont qu’au stade de la recherche. Mais ils ouvrent, à moyen terme, des perspectives passionnantes tant pour diagnostiquer que pour soigner les cancers. Un symposium international, récemment organisé à Paris par l’Institut national du cancer (Inca) et l’Inserm, a fait le point sur ces recherches en « onconano ».


Côté diagnostic, l’un des défis majeurs consiste à mettre au point des nanosondes capables de se fixer sur les cellules cancéreuses. Injectées dans l’organisme, elles peuvent ainsi révéler la présence d’une tumeur en émettant un signal, radioactif ou optique par exemple. « Le traceur idéal, qui marque à 100 % les cellules cancéreuses, et uniquement celles-ci, est sans doute un mythe », note d’emblée Philippe Rizo, directeur scientifique de Fluoptics, une start-up du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) qui travaille sur deux pistes prometteuses dont l’une, la nanoémulsion de fluorophore, permet d’illuminer le système lymphatique.


Ce traceur, à l’essai chez l’animal, repère les ganglions drainant une tumeur, c’est-à-dire les voies par lesquelles les cellules cancéreuses se disséminent dans le corps du patient. « En protégeant le fluorophore, notre nanémulsion permet d’obtenir une brillance très importante et une très grande stabilité, ce qui permettra d’appliquer cette technique à de nombreux types de cancer », poursuit M. Rizo.


Plus spectaculaire encore, Fluoptics développe un marqueur de la néoangiogénèse, autrement dit la formation de nouveaux vaisseaux sanguins qui accompagne la croissance des tumeurs cancéreuses. Chez un malade sur quatre, ce traceur fluorescent se fixe aussi sur la tumeur elle-même. Couplé au système optique développé par Fluoptics, « cela aidera le chirurgien à visualiser directement les cellules potentiellement cancéreuses et les limites de la tumeur pendant l’intervention », prédit M. Rizo en précisant que les cancers de la cavité abdominale devraient être les premiers concernés.


Actuellement à l’étude chez de petits animaux, ce marqueur devra cependant passer par le même circuit de validation qu’un médicament. Selon le directeur scientifique de Fluoptics, les premiers essais cliniques sont prévus vers 2011.


« Les techniques de diagnostic par imagerie moléculaire sont prometteuses à assez court terme », confirme le Pr Jean-Yves Blay, cancérologue au centre Léon-Bérard, à Lyon.


Mais pour ce praticien, les nanotechnologies auront bien d’autres applications dans le dépistage des cancers. « À l’avenir, ces outils permettront de réaliser de minuscules prélèvements, beaucoup moins traumatisants pour les malades que les biopsies d’aujourd’hui. Les laboratoires sur puce seront aussi très utiles pour étudier de façon très fine les caractéristiques des tumeurs, avec une série de biomarqueurs. » Un profilage indispensable en vue de traitements personnalisés.


Le versant thérapeutique des nanotechnologies est également en pleine ébullition. Le principe est séduisant : en plaçant les substances médicamenteuses dans des nanoenveloppes, on modifie profondément leur diffusion dans l’organisme. Soixante-dix fois plus petits qu’un globule rouge, les « nanovecteurs » franchissent aisément les barrières biologiques, à commencer par les membranes cellulaires.


Au final, l’efficacité est augmentée, et la toxicité du traitement réduite. Plusieurs nanomédicaments (notamment à base de liposomes et de protéines pegylées) sont déjà commercialisés. L’équipe du Pr Patrick Couvreur de la faculté de Chatenay-Malabry (Hauts-de-Seine) développe de nouvelles générations de nanovecteurs.


Un composé à base de gemcitabine - une chimiothérapie déjà ancienne - et de squalène (le cholestérol du requin) est ainsi à l’étude. L’association de ces deux substances, qui entraîne la formation spontanée de nanoparticules, a déjà obtenu des résultats spectaculaires dans plusieurs types de cancers chez l’animal. Des travaux consistant à envelopper le duo gemcitabine-squalène dans des particules d’oxyde de fer sont également en cours. Objectif : activer le médicament à distance par un aimant quand il a atteint sa cible tumorale.

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Samedi 30 mai 2009

L’essor des véhicules électriques bute encore sur les batteries actuelles qui, malgré de réels progrès, ne contiennent pas assez d’énergie pour faire rouler sur de longues distances nos voitures et nécessitent en outre de longs temps de rechargement. Mais les nanotechnologies sont en train de révolutionner les solutions de stockage embarqué d’électricité. Plusieurs laboratoires dans le monde travaillent sur des nanocondensateurs électrostatiques, qui augmentent par dix la capacité de stockage du classique condensateur électrostatique. Avec ce dispositif, il sera bientôt possible de stocker et de distribuer efficacement l’électricité récoltée grâce aux moyens alternatifs (solaire, vent etc.).

 

Gary Rubloff, directeur du NanoCenter de l’Université du Maryland, souligne que cette technologie offre "une haute densité d’énergie, d’une forte puissance et d’un rechargement rapide qui sont essentiels pour notre énergie future". Le chercheur insiste sur le fait qu’il s’agit d’une technologie pour la production de masse. Le but étant de réussir à appliquer des milliards de nanostructures dans une batterie. À long terme, il prévoit que la même nanotechnologie sera utilisée pour offrir une nouvelle façon de stocker les énergies renouvelables destinées à l’alimentation énergétique des usines. Mais également de pouvoir faire face à une demande croissante en énergie propre.

 

D’après des chercheurs du MIT, il sera bientôt possible de fabriquer à un coût raisonnable des batteries de téléphone ou d’ordinateurs qui se rechargent en quelques dizaines de secondes, tout en étant plus petites et plus légères. La technologie qu’ils ont mise au point ne change pas drastiquement des batteries actuelles que nous utilisons, les batteries Lithium Ion. En effet, le matériau utilisé est le Lithium Fer Phosphate, LiFePO4 et l’approche ne requiert que de simples changements dans le procédé de production de ce matériau déjà bien connu. Tout ça joue en faveur d’une commercialisation qui ne prendrait pas plus de deux ou trois ans, selon le responsable de la recherche Gerband Ceder.

 

Comme toutes les batteries Lithium Ion, le LiFePO4 absorbe et délivre de l’énergie par l’extraction simultanée et respectivement l’insertion d’ions Li+ et d’électrons. Ainsi, la capacité à fournir de la puissance et à se recharger dépend de la vitesse de déplacement des ions Li+ et des électrons à travers l’électrolyte et à travers le matériau des électrodes.

 

Les simulations faites par les chercheurs Byoungwoo Kang et Gerbrand Ceder montrent que les ions et les électrons se déplacent intrinsèquement vite, donc la limite à leur déplacement rapide dans les batteries actuelles se situe autre part : ils ont mis en évidence que les particules chargées se déplacent dans des sortes de tunnels à travers le matériau, dont les entrées et les sorties se situent sur la surface. Si les particules ne sont pas en face de ces entrées, elles ne peuvent pas se déplacer. Le LiFePO4 nanostructuré permet d’obtenir une mobilité importante des ions et électrons en surface du matériau. Un prototype de batterie de ce type pourrait se charger en moins de 20 secondes, contre 6 minutes avec un matériau non modifié.

 

La plupart des batteries commercialisées sont faites de Lithium Cobalt, mais le LiFePO4 ne souffre pas de surchauffe, ce qui a déjà entraîné la destruction d’ordinateurs portables ou autres baladeurs mp3. Même s’il est peu cher, le LiFePO4 n’a pas jusqu’à maintenant retenu l’attention car le Lithium Cobalt peut stocker plus de charge pour un poids donné.

 

Cependant, les chercheurs ont découvert que leur nouveau matériau ne perd pas sa capacité de charge avec le temps alors que les batteries standard ont une durée de vie plus limitée. Cela signifie que l’excès de matériau nécessaire pour les batteries standards pour compenser leur dégradation avec le temps ne sera plus nécessaire, rendant les batteries plus petites et plus légères avec des performances de charge et de décharge très importantes. Charger des batteries en quelques secondes au lieu de plusieurs heures va permettre un changement des habitudes quotidiennes, et donc permettra de nouvelles applications technologiques. En effet, la vitesse d’évolution de l’électronique est limitée par la capacité des batteries. Seulement 360W sont nécessaires pour charger une batterie de téléphone portable de 1Wh en 10 secondes.

 

Par ailleurs, cette technologie pourrait également bouleverser l’automobile : décharger une batterie en quelques secondes, c’est disposer de la puissance immédiate qui fait défaut aux véhicules électriques actuels. La charger en quelques minutes au lieu d’y passer la nuit permet d’envisager sereinement de longs trajets ; encore faut-il, bien entendu, que le réseau électrique fournisse une puissance suffisante pour permettre cette charge rapide.

 

En effet, 180kW sont nécessaires pour charger une batterie de 15kWh (batterie pour véhicules hybrides électriques) en cinq minutes, ce qui implique l’utilisation de stations d’énergie électriques pour recharger les voitures hybrides électriques. Certains constructeurs ont cependant déjà investi dans des batteries à charges rapide. Utilisant la technologie d’Altair Nanotechnologies, Phoenix Motorcars a construit un prototype de voiture électrique, autonome sur 160 km, pouvant être rechargée en seulement 10 minutes. Selon Ceder, de telles batteries pourraient être sur le marché d’ici trois ans.

 

On voit donc que les nanotchnologies, qui sont déjà en train de bouleverser la médecine, la biologie et l’électronique vont également permettre des ruptures technologiques décisives dans les domaines tratégiques de l’énergie et des véhicules propres.

 

Dans ce contexte, on ne peut que se réjouir du lancement, il y a quelques jours, du projet GIANT -Grenoble Isère Alpes NanoTechnologies, dont l’ambition est de faire de MINATECH un pôle scientifique mondial équivalent au célèbre MIT américain. Ce projet GIANT, qui est porté par les acteurs scientifiques et universitaires de la région, a été lancé en 2006, sous l’impulsion de Jean Therme, directeur du CEA (commissariat à l’énergie atomique) Grenoble.

 

Il repose sur l’alliance d’acteurs locaux du secteur de la recherche, des grandes écoles et des universités et du monde industriel (grandes entreprises tout autant que start-up), autour de trois axes : les micro et nanotechnologies, les nouvelles technologies de l’énergie et les biotechnologies. GIANT rassemble aujourd’hui 6 000 chercheurs et 6 000 étudiants. Les objectifs visés, à six ans, consistent à atteindre 8 000 chercheurs, 10 000 étudiants, 5 000 publications et 350 brevets par an, avec un budget annuel de 1 milliard d’euros.

 

Jean Therme, initiateur du projet et directeur du CEA Grenoble, a par ailleurs annoncé un futur "Minatec" de l’énergie qui devrait réunir 3000 chercheurs sur 100000 m2. Il aura vocation à soutenir la production de capteurs solaires, à élaborer les véhicules à basse consommation et à développer une filière de la batterie.

 

La France, qui a su développer un pôle de compétence et d’excellence de niveau mondial dans ce domaine des nanotechnologies, doit absolument poursuivre et accroître son effort au cours des prochaines années car il ne fait à présent plus de doute que les nanotechnologies vont permettre, dans cinq secteurs clés, l’environnement, les sciences de la vie, les technologies de l’information, l’énergie et les transports, des sauts technologiques majeurs.

 

Source : René Trégouët

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Vendredi 29 mai 2009
La nanotechnologie a imité la nature en créant un nageur nanoscopique qui ressemble étrangement à un spermatozoïde. L'objectif: nager dans le corps humain pour la microchirurgie ou le traitement à la source du mal.

S'inspirant des flagelles des bactéries, qui leurs permettent de nager à contre courant, Ambarish Gosh et Peer Fischer  de l'Université d'Harvard ont conçu une nano-hélice de verre et de cobalt d'une longueur total d'un micromètre (1 millionième de mètre). Leurs travaux sont présentés dans un article de la revue Nanoletters ainsi que sur le site de New Scientists.

L'application d'un champ magnétique agissant sur le cobalt permet de mettre en mouvement les hélices du nano-nageur. Les scientifiques affirment que le nano-robot pourrait déplacer des objets faisant 1000 fois sa taille. Les applications médicales sont multiples comme par exemple la livraison de médicament à travers la circulation sanguine directement à la source du mal.

source Vincent Minier


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Samedi 23 mai 2009
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Samedi 23 mai 2009
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Samedi 23 mai 2009
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Samedi 23 mai 2009
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Vendredi 15 août 2008
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Jeudi 14 août 2008


Le site internet de Joël de Rosnay : http://csiweb2.cite-sciences.fr/derosnay

Joël de Rosnay (né en 1937 à l'Ile Maurice) est, à l'origine, un biologiste français, d'abord spécialiste des origines du vivant et des nouvelles technologies, puis en systémique et en futurologie (ou prospective).

Docteur ès sciences, il effectua trois ans de recherche et d'enseignement (biochimie et informatique) au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Ancien directeur des applications de la recherche à l'Institut Pasteur, puis directeur de la prospective et de l'évaluation de la Cité des sciences et de l'industrie de La Villette.

A partir des années 1980, il publie plusieurs ouvrages de vulgarisation et de prospective. Il fonde une société de conseil dont il est actuellement président (Biotics International) tout en restant conseiller du président de la Cité des sciences et de l'industrie de la Villette. Il a créé AgoraVox en mai 2005 avec son associé Carlo Revelli.

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Jeudi 14 août 2008

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Jeudi 14 août 2008

Prenez un cheveu, coupez-le en deux dans le sens de la longueur, puis encore en deux, et encore en deux, et encore… Continuez l'opération jusqu'à obtenir 100 000 morceaux de cheveu. Vous n'y êtes pas parvenu ? C'est normal, il est impossible d'opérer à l'oeil nu sur des entités qu'on ne voit pas.

Pourtant les chercheurs en nanotechnologies, eux, travaillent quotidiennement sur des molécules d'un milliardième de mètre. Pour cela, ils utilisent des instruments très spéciaux, comme le microscope à effet tunnel qui, grâce à une pointe métallique très fine, peut se déplacer à quelques nanomètres d'une surface et "voir" les atomes de la surface.

Les nanosciences concernent l'étude des phénomènes observés pour des objets dont la taille est de quelques nanomètres et dont les propriétés découlent spécifiquement de cette taille nanométrique.

Les nanotechnologies regroupent, elles, l'ensemble des techniques permettant de fabriquer, d'observer ou de mesurer ces objets. Les promesses sont nombreuses, en voici un inventaire non exhaustif : 

  • électronique : vitesses de traitement des millions de fois plus rapides
  • matériaux : matériaux et outils de coupe plus résistants
  • médecine : nouveaux systèmes de diffusion des médicaments qui ciblent les endroits voulus dans l'organisme
  • énergie : nouveaux types de batterie, stockage de l'hydrogène
  • espace : systèmes robotiques petits et efficaces
  • environnement : membranes pour filtrer les polluants ou le sel dans l'eau
  • défense : textiles légers qui se réparent d'eux-mêmes, remplacement du sang, systèmes de surveillance miniaturisés.
(http://www.reflexiences.com)
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Samedi 31 mai 2008

Enoncés il y a plus de 80 ans, les principes de la Mécanique Quantique continuent à fasciner le grand public, tant ils semblent contraires à l'intuition du monde physique que développe chacun d'entre nous. Pourtant, si on les envisage du point de vue de l'information traitable par une machine miniaturisée à l'extrême, où chaque bit d'information doit être exprimé avec la plus petite énergie possible, ces principes quantiques apparaissent, de façon surprenante, bien plus naturels et rationnels que ceux de la mécanique classique.



Le nouvel éclairage qu'apporte à la physique quantique la science de l'information va en fait beaucoup plus loin qu'un commentaire esthétique. Petit à petit, au cours des quinze dernières années, les physiciens, en association avec les informaticiens et les mathématiciens, ont compris que les "bits quantiques" sont en réalité plus puissants collectivement que les traditionnels "bits classiques" sur lesquels sont basés les ordinateurs actuels. Ils permettent par exemple une accélération exponentielle de certains calculs, comme la factorisation des nombres, nécessaire au décryptage des informations confidentielles échangées sur le réseau Internet. En même temps, les bits quantiques permettent de coder l'information de manière à ce qu'aucune copie ne soit possible.

L'ordinateur quantique est la machine -encore hypothétique- qui traiterait ces bits quantiques. Elle n'existe à ce jour qu'en pièces détachées, que de nombreux laboratoires cherchent à améliorer et à combiner, et laisse le champ ouvert à de nombreuses questions.

Est-il possible de faire fonctionner un ordinateur quantique ? Nous n'avons pour l'instant qu'une preuve de principe qu'une telle machine puisse être un jour construite, et sa réalisation effective demeure un défi pour la science et la technologie. Mais à supposer qu'elle soit un jour construite, quelle gamme de problèmes résoudrait-elle ? Le présent document fait le point sur ces questions.

Auteurs : OCHOA Daniel

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Vendredi 18 avril 2008

Le Centre for Clean Water Technologies de l'Université de Nottingham (le centre pour les technologies pour purifier l'eau) combine, sous la direction du Professeur Nidal Hilal, l'utilisation des bactéries aux toutes dernières techniques de filtration par membrane pour améliorer et raffiner les techniques de purification de l'eau. Ainsi, lors du processus de bio-remédiation, les organismes monocellulaires "mangent" les contaminants présents dans l'eau, qu'elle soit traitée avant usage industriel ou pour la consommation humaine. L'eau est ensuite filtrée à travers des membranes poreuses qui fonctionnent comme un tamis dont les trous peuvent présenter un diamètre allant de dix microns à un nanomètre. Les chercheurs de Nottingham estiment que cette technologie combinée peut être utilisée pour fournir de l'eau potable dans des zones géographiques qui en manquent.

De plus, pour la technologie classique, l'efficacité des membranes utilisées pour le traitement de l'eau peut diminuer au cours du temps, parce qu'elles peuvent être encrassées par des contaminants. Mais, en utilisant la bio-remédiation, ces membranes peuvent être nettoyées en circuit fermé, sans qu'il y ait besoin de les démonter. Les chercheurs de Nottingham ont développé cette technique en collaboration avec Cardev International, une entreprise anglaise spécialisée, entre autres, dans la filtration de l'huile.

Les membranes de nanofiltration et d'utrafiltration présentent un intérêt supplémentaire, outre celui d'être très efficaces dans le retraitement de l'eau ou dans la transformation en eau propre des effluents liquides industriels contaminés avec des métaux ou des huiles : les produits de résidus présentent un pouvoir calorifique élevé et peuvent être utilisés comme combustible.

Les membranes de nanofiltration et d'ultrafiltration sont également utilisées dans le cadre de travaux financés par le Middle East Desalination Research Centre (le MEDRC, le centre de recherche de désalinisation du Moyen-Orient1). Ces recherches visent à obtenir de l'eau potable à partir de l'eau de mer. En "pré-traitant" l'eau de mer et en en retirant les contaminants, les membranes contribuent à réduire l'encrassement des installations mises en oeuvre lors de l'étape suivante du traitement (qu'il s'agisse d'osmose inverse ou de dessalement thermique). On peut ainsi prévenir l'endommagement des installations et réduire les besoins de réparation ou de remplacement.

Selon le professeur Hilal, "en combinant la bio-remédiation et la technologie de nanofiltration, le procédé de purification de l'eau est intégré - utilisant bien moins d'énergie que le procédé actuel. Ajoutez à cela le recyclage des produits de résidus comme carburant et vous avez une technologie bien plus verte".

Par ailleurs, les compétences du professeur Hilal et de son équipe de recherche s'étendent également à la microscopie par force atomique (AFM pour Atomic Force Microscopy) : les scientifiques peuvent donc étudier la façon dont les liquides se comportent au niveau atomique, en particulier comment ils s'écoulent et se séparent (par exemple à travers les pores d'une membrane) Ces résultats pourraient être utilisés par exemple pour optimiser l'utilisation de l'huile dans un moteur. Les liquides sont également testés sur une large plage de températures, de -50°C à 150°C.

- Université de Nottingham, 12/02/08 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/sqZxv
- Centre for Clean Water Technologies - http://www.nottingham.ac.uk/~enzmp/ccwt/
- Cardev International - http://www.cardev.com/
- http://www.medrc.org/

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Vendredi 18 avril 2008

Les sociétés riches seront-elles libérées de leur dépendance envers la main d’oeuvre des pays pauvres grâce aux nano-usines personnelles et “libres” ? Ces dernières accroîtront-t-elles, dans le même temps, la capacité de nuisance des terroristes et des “pays voyous” ? La brevetabilité des molécules entraînera-t-elle des conflits internationaux entre ceux qui possèdent les brevets et ceux qui ont besoin de s’en servir pour tout simplement survivre ? Tout ceci finira-t-il dans une troisième guerre mondiale bien plus dévastatrice que les deux précédentes ?

Le Center for Responsible Nanotechnology (CRN), un think tank consacré aux enjeux sociaux et environnementaux des nanotechnologies, nous avait déjà proposé, en 2006, une série d’essais tout à la fois effrayants et stimulants sur les perspectives offertes par les nanotechnologies. Leur nouvelle compilation est à la fois un peu décevante et caricaturale, moins visionnaire et influencée par les thérories transhumanistes, mais aussi plus concrète et plus plausible.

En 2007, le CRN a en effet proposé à plus de 50 experts du monde entier d’élaborer, collectivement, une série de scénarios partant du postulat que l’on pourra, d’ici 15 ans, disposer d’usines personnelles de fabrication d’objets à l’échelle moléculaire permettant d’amplifier dans l’infiniment petit ce qu’autorisent d’ores et déjà les imprimantes 3D.

A défaut de savoir si leur postulat se vérifiera, certaines des pistes de réflexion élaborées méritent le détour, même si le volet santé a été sciemment écarté de la réflexion. Le CRN pose en effet comme autre postulat que les nanoparticules ne poseront pas tant de risques sanitaires que cela, une position elle aussi critiquable.

Pour le think tank, les problèmes seraient plutôt à chercher du côté des changements profonds que l’industrialisation des nanotechnologies va entraîner, d’un point de vue géopolitique, économique, social, environnemental et militaire. Avec un focus tout particulier sur les enjeux posés en matière de brevetabilité, et d’interopérabilité, comme si les problèmes soulevés étaient moins d’ordre scientifique que politique.

Le “Libre” fera-t-il le lit de la guerre ?
L’un des scénarios imagine qu’en étendant le mouvement “open source” à la fabrication de nano-objets “libres” -afin que tout un chacun puisse en fabriquer, et les modifier-, la section consacrée aux imprimantes 3D devient, dans les années 2010, l’une des plus consultées sur eBay. Las : la démocratisation est telle que des terroristes s’en servent pour créer des myriades de micro-drônes qui s’attaquent à certaines unités américaines (encore) présentes au Moyenn-Orient, et déversent des agents biochimiques dans des villes américaines.

Les autorités commencent dès lors à vouloir encadrer l’utilisation de telles “nanofabriques” et à interdire certaines manipulations moléculaires, au risque d’entraver la recherche scientifique. Les fabricants sont obligés d’utiliser des matériels aux fonctions bridées afin de contrôler la prolifération des nanos, et des communautés “underground” se multiplient afin de pouvoir continuer à créer leurs objets libres. A terme, les USA finissent par déployer, secrètement, un bouclier de défense nanotechnologique sur leur territoire, composé de “poussières intelligentes” et destiné à espionner l’ensemble de la population.

Un autre scénario se demande ce qu’il arriverait si les populations de pays du Moyen-Orient étaient décimées par des nano-drones, sans que l’on sache qui est à l’origine de l’attaque. A la manière de la prolifération nucléaire, les experts imaginent une dissémination d’armes fabriquées à l’échelle moléculaire. Ou comment les nanos, plutôt que de s’illustrer en matière de lutte contre la pauvreté ou le réchauffement climatique, déboucheraient sur une troisième guerre mondiale.

Jusqu’où pourra-t-on (dé)réguler les “fabriques” ?
Un autre scénario, plus économique, imagine que même vendues à quelques centaines de dollars, les premières imprimantes 3D ne peuvent concurrencer la main-d’oeuvre bon marché des pays asiatiques… jusqu’à ce que l’envolée du cours du pétrole et autres taxes carbone incitent finalement les gens à créer eux-mêmes leurs propres produits. Hackers et start-ups boosteraient ainsi l’ère de la “fabrique personnelle“, et des standards ouverts seraient adoptés pour faciliter l’interopérabilité des composants, à la manière de ce qui s’est passé pour l’internet.

Dans le même temps, la volonté de certains Etats d’encadrer et réguler les applications médicales de cette révolution entraînerait le développement d’un tourisme sanitaire avec des malades allant tester de nouveaux traitements expérimentaux dans des pays moins regardants.

Le problème pourrait être accentué en cas de “sainte coalition” des opposants aux nanos. L’un des scénarios imagine ainsi que, même si les scientifiques avançaient que l’impact positif des nanotechnologies sur le réchauffement climatique serait supérieur aux risques posés par les nanomatériaux, les anti-nanos, associés à des groupes de pression religieux, professionnels de santé et industriels “traditionnels” pourraient bloquer la R&D.

Des “fabriques” pour sauver le monde
La brevetabilité des molécules pourrait elle aussi sérieusement entraver le développement de telles technologies, ainsi que celui des pays pauvres. Qu’adviendrait-il en effet de ces pays qui, après avoir commencé à filtrer leur eau potable au moyen de nanofiltres, se verraient poursuivis en justice par des firmes américaines prétendant en posséder les brevets ?

Pour le CRN, le risque de fracture nanotechnologique entre riches possédants et pauvres utilisateurs pourrait entraîner une balkanisation du monde, et des conflits diplomatiques, économiques et sociaux.

Ne reculant devant aucun catastrophisme, l’un des scénarios envisage l’hypothèse que, du fait du réchauffement climatique -qui facilite la transmission à l’homme de maladies animales-, un virus décime 10% de la population chinoise. Les produits “made in China” ne connaissant plus de frontière, la maladie pourrait contaminer le monde entier, provoquant la mise sous quarantaine de la Chine, donc la chute du dollar et une crise économique mondiale.

Mais les populations profiteraient néanmoins des nanofabriques pour réapprendre à vivre localement, indépendamment des grands circuits marchands et mondialisés. L’ère de l’usine personnelle pourrait commencer et, un siècle et demi après la révolution industrielle, ramener la révolution à la maison.

Le CRN note cela dit que les politiques se demanderaient dès lors que faire d’un monde où les gens peuvent produire à peu près tout ce qu’ils veulent et où ils auraient beaucoup moins besoin des autres, ou en tout cas des industriels.



Le Nanologue
Rendus publics en décembre 2006, mais étonnament peu commentés, les trois scénarios du projet européen Nanologue essaient, quant à eux, d’échafauder des hypothèses plausibles afin d’aider les décideurs à trancher.

1. Survivre au désastre
Faute de régulation, le développement des nanos entraîne un accident environnemental et sanitaire majeur débouchant sur un ralentissement tout aussi majeur de la R&D, et une méfiance accrue de la population.

2. Discuter, co-réguler
Les systèmes de contrôle et de régulation sont bien en place et protègent les citoyens des risques sanitaires et sociaux, mais ralentissent d’autant la R&D, et la diffusion des nanotechnologies.

3. Progressons “ensemble”
Les apports des nanotechnologies aux secteurs (et aux problèmes) de l’énergie sont tels que le fossé se creuse entre les pays pauvres qui n’ont pas les moyens de s’en doter, et les pays développés.

Le Nanomètre
L’un des objets de ce projet était en effet d’élaborer un Nanomètre, sorte de baromètre destiné à aider les chercheurs et industriels à anticiper les risques auxquels ils pourraient être -ou seront- confrontés.

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Dimanche 13 avril 2008


Ken Teo et son équipe de l'université de Cambridge en Grande-Bretagne ont proposé une façon efficace et compacte de transmettre des signaux par satellite. Ils sont parvenus à utiliser un réseau de nanotubes de carbone pour produire un dispositif qui se substitue aux amplificateurs à micro-ondes conventionnels, lourds, encombrants et fonctionnant à température élevée. Cette nouvelle source électronique promet de révolutionner les télécommunications et les communications spatiales par satellite.

Les transmissions à longue distance font partie de notre vie dans les affaires, le divertissement ou juste pour garder le contact avec ses amis et sa famille. Particulièrement pour les régions éloignées, ceci est rendu possible grâce à des transmissions utilisant des émetteurs embarqués sur des satellites. Il y a en général 50 amplificateurs à micro-ondes à bord d'un satellite, pesant chacun environ un kilogramme et d'une taille d'environ 30 cm. Le kilogramme de charge utile pour envoyer des données dans l'espace coûte actuellement autour de 15.000 euros. Des économies substantielles seraient réalisée et des charges supplémentaires pourraient être lancées, si le poids et la taille des appareils micro-ondes pouvaient être réduits.

Les dispositifs d'amplification à micro-onde utilisés dans l'espace aujourd'hui sont basés sur la technologie de la "cathode

Les nanotubes de carbone sont des feuilles de graphite enroulées en forme de tube. Ces tubes ont des diamètres de l'ordre du nanomètre et des longueurs allant du micron au millimètre. Les nanotubes de carbone sont d'excellents conducteurs et ont une grande robustesse mécanique. Ken Toe et son équipe utilisent des nanotubes en pointes acérés et fortement conductrices. Les nanotubes sont ordonnés en grille, chacun de même taille et même diamètre. Cela ressemble à un tapis d'aiguilles à une échelle nanométrique. Quand les pointes sont soumises à un champ électrique, tel que celui généré par une onde électromagnétique, elles libèrent des électrons à leurs extrémités. En injectant des ondes de fréquences radio aux nanotubes, ceux-ci sont capables d'effectuer des cycles marche-arrêt à la fréquence de l'onde injectée et de produire ainsi un faisceau d'électrons à haute fréquence. Cela a été réalisé à 1,5GHz et plus récemment à 32GHz. Les fréquences supérieures à 30Ghz, où les canaux abondent, sont les liaisons du futur.

La nouvelle source à cathode froide est très différente des amplificateurs à cathode chaude conventionnels. Ceux-ci possèdent 4 parties: la source d'électron à 1000°C qui produit un flux continu d'électrons ; un étage d'entrée pour superposer le signal sur les électrons ; un étage de sortie pour retrouver le signal amplifié; et finalement un étage collecteur pour rattraper tous les électrons perdus. Ils sont encombrants, lourds, inefficaces et lents à monter en température.

En résumé les avantages de cette nouvelle source à nanotubes de carbone sont les suivants: Aucun chauffage n'est exigé et la source peut être commutée en marche-arrêt instantanément. La source et les étages d'entrée de l'amplificateur à micro-ondes sont combinés, ce qui induit une réduction de taille et de poids. Enfin, le principe lui-même est différent. Avec la source conventionnelle, les électrons du flux sont modulés en vitesse pour produire des groupes, et ce sont ces groupes qui sont extraits en tant que sortie utile. Avec la nouvelle source à nanotubes, les groupes d'électrons sont instantanément produits à la source.

Source et illustrations: Université de Cambridge

Publié dans : Nanotechnologie - Ecrire un commentaire
Par lylofu - Voir les commentaires
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