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Les dernières
décennies, les nanotechnologies ne cessent de se développer et de mobiliser les chercheurs et ingénieurs, dans des domaines et des disciplines scientifiques très variées. En effet, la possibilité
de contrôler et manipuler la matière aux échelles nanométriques ouvre de nouvelles perspectives révolutionnaires dans bien des secteurs. Les domaines de la santé, de l'énergie et de
l'électronique comptent ainsi parmi ceux qui devraient être le plus touchés par ces nouvelles technologies.
Cependant, les nanotechnologies sont aussi au coeur de débats de société : les enjeux et risques potentiels engendrés par leur utilisation du point de vue de la santé, de la sécurité et de
l'environnement sont en effet mal connus à ce jour, et suscitent des inquiétudes. Or, de nombreux nanoproduits sont déjà sur le marché dans les pays industrialisés : ils sont présents dans
certains médicaments, produits cosmétiques et pommades, textiles, cellules solaires ou encore additifs alimentaires. Par ailleurs, l'expansion des nanotechnologies dans les années à venir
s'annonce conséquent, avec le développement de nouvelles technologies aux nouvelles capacités. En 2009, les développeurs ont tiré plus d'1 milliard de dollars de la vente des nanomatériaux. Ce
chiffre devrait atteindre les 3000 milliards de dollars d'ici 2015 ! L'exposition aux nanomatériaux des industriels et consommateurs, ainsi que de l'environnement va donc aller en augmentant. Il
devient urgent de palier aux lacunes de la recherche sur la compréhension globale des propriétés des nanomatériaux afin d'en apprécier les risques pour la société en générale.
Ces dix dernières années, la sensibilisation à ces incertitudes et les efforts fournis pour y répondre se multiplient partout dans le monde via les agences gouvernementales, les institutions
académiques et industrielles. Aux Etats-Unis, le programme national d'initiative pour la nanotechnologie ("National Nanotechnology Initiative "NNI) s'est attaché à coordonner les efforts des
agences de recherche et de réglementation pour identifier les besoins de recherche inter-agences et y répondre. Cependant, le manque de connexion et de communication entre les chercheurs, les
industriels, les pouvoirs publics et les consommateurs empêche de conclure quant à la variété et la quantité des nanomatériaux déjà dans le commerce ou en développement, leurs applications
potentielles et les risques éventuels engendrés.
Présentation du concept
L'Agence pour la Protection Environnementale ("Environmental Protection Agency" EPA) a ainsi pris l'initiative de réaliser une étude objective, indépendante de tout groupe impliqué de près ou de
loin dans les nanotechnologies, dont la priorité est de répondre à ces questions. Le Conseil National pour la Recherche ("National Research Council "NRC) s'est attelé à la tâche : il propose un
plan stratégique de recherche, dont les fondements et principes sont décrits dans un rapport à paraître très prochainement.
Le comité a identifié trois points faibles dans l'état actuel des recherches :
- trop peu de progrès dans la compréhension des effets de l'ingestion de nanomatériaux manufacturés sur la santé humaine
- trop peu d'études des effets sur la santé et l'environnement des nanomatériaux plus complexes qui devraient entrer sur le commerce dans la prochaine décennie
- absence d'une approche globale permettant de cataloguer les nanomatériaux manufacturés en fonction de leurs propriétés, afin d'en déduire les risques et le degré d'exposition.
Pour palier à ces manques, le comité propose une approche conceptuelle du problème, qui repose sur le principe que les études de recherche à mener en priorité peuvent être déterminées à partir
des relations entre les propriétés des nanomatériaux et les processus qui gouvernent leurs interactions avec les organismes et les écosystèmes.
Le projet s'articule ainsi autour de trois points-clés :
- l'identification des sources de nanomatériaux manufacturés pouvant éventuellement être dangereux;
- trouver comment les propriétés de ces nanomatériaux affectent les processus-clés critiques pouvant engendrer des risques;
- évaluer l'éventualité de dangers significatifs ainsi que leur ampleur.
Le rapport précise qu'il est essentiel de prendre en compte l'ensemble de la "chaîne de vie" des nanomatériaux : de la réalisation à la production et la consommation, avec l'intégration des
produits primaires et secondaires basés dessus. Il faut par ailleurs évaluer à chaque étape le degré d'exposition, les zones d'accumulation des nanomatériaux et l'impact écologique à grande
échelle.
Dans cette perspective, le comité a listé les lacunes actuelles de la recherche et les outils nécessaires pour y remédier. Quatre catégories principales de recherche ont été identifiées, qui
correspondent aux trois points-clés ci-dessus, auxquels s'ajoute la nécessité de promouvoir une recherche adaptative et des infrastructures pour la diffusion des connaissances, pour accélérer la
progression et fournir un retour rapide sur les avancées de la recherche.
Implémentation du plan
Afin de mettre ce plan en oeuvre, le comité a annoncé la nécessité de maintenir le montant actuel des financements fédéraux pour les prochaines années (environ 120 millions de dollars par année).
Des financements supplémentaires seront nécessaires dans les domaines critiques que sont l'informatique, la caractérisation et le traçage des nanomatériaux, la caractérisation des sources et le
développement de réseaux pour faciliter les collaborations. Des initiatives publiques, privées et internationales sont donc attendues.
Par ailleurs, il faut qu'un maximum d'acteurs, impliqués de près ou de loin dans les nanotechnologies, soient associés au projet. En particulier, il ne serait pas judicieux que le NNI soit seul
responsable du plan. Son rôle de promouvoir les nanotechnologies serait en conflit avec celui d'identifier et de contrôler leurs risques potentiels. Il faut donc envisager une séparation claire
du management, entre promotion et prévention des nanotechnologies.
SOURCE: Rapport de la National Academy of Sciences : http://www.nap.edu/catalog.php?record_id=13347
Catherine Marais, deputy-phys.mst@consulfrance-houston.org
Si l'idée d'associer de l'aluminium et de l'oxyde
de cuivre pour produire de l'énergie n'est pas nouvelle, en revanche celle de recourir à des brins d'ADN pour les marier l'est. Rappelons que deux brins d'ADN complémentaires s'auto-assemblent
sous la forme d'une double hélice et restent solidement collés. D'où l'idée des chercheurs toulousains du Laboratoire d'Analyse et d'Architecture des Systèmes (CNRS), en collaboration avec le
Centre interuniversitaire de recherche et d'ingénierie des matériaux (Université de Toulouse 3/INP Toulouse/CNRS), d'utiliser ces propriétés "collantes" de l'ADN pour concevoir un matériau
compact et solide qui s'enflamme spontanément une fois chauffé à 410°C.
Les nanotechnologies révolutionnent de manière
profonde de nombreux domaines. La santé est sans doute un de ceux qui vont bénéficier largement de l'apport des nanosciences. Alors que les traitements se font à l'heure actuelle de manière
macroscopique, la nanomédecine ouvre la voie à des traitements ciblés et personnalisés. Ce domaine est très présent à Houston qui accueille, face à face, l'université où sont nées les
nanotechnologies en 1985 et qui reste le leader mondial en science des matériaux, Rice University, et le plus grand centre médical du monde, le Texas Medical Center.
Des chercheurs du CNRS et de l'Université de Bordeaux, en collaboration avec une équipe chinoise du Beijing National
Laboratory for Molecular Sciences ont réalisé le premier piston moléculaire capable de s'auto-assembler. Ces recherches représentent une avancée technologique importante dans la conception de
moteurs moléculaires. Un tel piston pourrait, par exemple, servir à fabriquer des muscles artificiels ou à créer des polymères à la rigidité contrôlable. Ces résultats ont été publiés le 4
mars 2011 dans la revue Science.
Une équipe de
chercheurs menée par Pr. Thomas Webster à Brown University, Providence (RI) [1,2] a mis au point un patch composé de nanotubes de carbone favorisant la régénération des cellules du coeur
détruites après un infarctus, faute d'apport en oxygène. Lors d'expériences in vivo, le tissu cardiaque s'est montré six fois plus dense en présence du nanopatch conducteur qu'en son absence [3],
ce qui confirme l'efficacité du patch. Fait de chaînes minuscules d'atomes de carbone repliées sur elles-mêmes pour former des nanofibres, il conduit l'électricité et imite la surface rugueuse
des tissus naturels. Les chercheurs ont observé que plus la concentration de nanotubes était élevée, plus la régénération des cellules cardiaques était efficace.
"Science News is on
the air right now. This is "The Promise of Tomorrow", where people and industry keep up with the business of emerging and nanotechnologies." Voici l'introduction de l'émission de radio "The
Promise of Tomorrow" enregistrée et diffusée chaque dimanche par Colonel Mason depuis Dallas, Texas [1]. L'émission est dédiée à l'actualité des nanotechnologies et autres technologies émergentes
et aux répercussions des découvertes dans tous les domaines - énergie, matériaux, santé, défense, climat - aussi bien sur les aspects de recherche et développement que de politique ou de gestion.
L'atout du programme : il est disponible en ligne et utilisable gratuitement !
Les nanoparticules, de part leur taille et leur réactivité, pourraient être amenées à poser des problèmes pour la santé et
l'environnement. De nombreux travaux portent à l'heure actuelle sur la toxicité intrinsèque potentielle de ces composés (nanoparticules métalliques ou argileuses, nanotubes de carbone, etc.). Le
risque posé étant fonction de la toxicité intrinsèque des matériaux et de leur exposition, le seul moyen d'utiliser les nanomatériaux de manière responsable consiste pour le moment à éliminer
l'exposition des organismes et de l'environnement aux nanomatériaux.
Les scientifiques de l'Empa, le Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche, ont encore une fois renforcé
l'efficacité de la conversion énergétique des cellules solaires flexibles en cuivre, indium, gallium et sélénium (également connu sous le nom de CIGS) avec un nouveau record du monde à la
clé.
La société McPhy Energy propose une solution attractive pour le stockage de
l'hydrogène sous forme solide. Celle-ci a déjà séduit deux entreprises italienne et japonaise.


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